VUne rapide pause déjeuner à ma cantine habituelle, le restaurant administratif de la rue voisine, et j’ai consacré l’après-midi à faire avancer un autre dossier en cours. Il est près de dix-sept heures lorsque l’adjoint de sécurité de permanence à l’accueil m’appelle sur mon poste : — Madame Mancheron est là. Elle dit qu’elle a rendez-vous avec toi. — Tout à fait. Merci de la faire monter, je l’attends en haut de l’escalier. Escaladant les degrés deux par deux, elle est rapidement à mon niveau. Entre ses paupières qui ne sont plus gonflées par les larmes, comme deux semaines plus tôt, ses yeux marron reflètent, outre une évidente sympathie et un plaisir certain à me revoir, une once de triomphalisme. Je suppose qu’il fait bon être au rang de ses amis et que, si pour certaines personnes


