Chapitre 5

3018 Mots
Allongéé dans sa baignoire, s'y prélassant agréablement, Jessica entendit son portable sonner dans la chambre. Il était hors de question pour elle d'abandonner cette délicieuse détente que lui procurait l'eau parfumé au jasmin, alors elle laissa sonner jusqu'à se que le son coupe. Ce ne fut que plus tard qu'elle se rendit compte de son erreur, quand elle décrocha à la troisième fois. Une voix rude et sec réagit derrière le combiner, la prenant au dépourvue. — Que faisiez-vous ? demanda sèchement Charles Winston à l'autre bout du fil. Jessica parut perplexe d'abord en entendant cette voix. Elle était étonnée de la reconnaître, et fâchée qu'il lui parles sur ce ton. Elle était son employé mais certainement pas son domestique. — Ce ne sont pas vos affaires, ce que je fais, répliqua-t-elle sur le même ton en calant l'appareil entre son oreille et son épaule afin de resserrer sa serviette autour d'elle. Elle n'arrivait tout simplement pas à croire qu'il ose lui parler de la sorte. Mais pour qui se prenait-il ? — Je vous avais dit que je vous contacterais. Jessica souffla et s'assit sur son lit. Cette discussion n'avait aucun sens alors décida-t-elle d'y mettre un terme. — Très bien que voulez-vous ? demanda-t-elle alors. Il laissa écouler une minute de silence. — Vous êtes en compagnie ? — Quoi ? balbutia-t-elle perplexe. — Je vous demande si vous êtes avec quelqu'un, répéta-t-il en détachant les cilables, comme si elle était maboule. — Mais... ça ne vous regarde pas ! s'outragea-t-elle. — Vous avez raison, je suis désolé. Je viens de rentrer de mon voyage et le décalage horaire me plombe. — Vous feriez mieux de vous reposer alors, répondit-elle d'une voix neutre, nullement disposé à l'excuser. — Je vous appelle pour vous informer qu'on pourrait se voir ce soir, à 6h si vous êtes libre. Jessica se leva précipitamment. Déjà ? Elle ne s'y attendait pas de si tôt ! Elle ne savait pas si elle était prête pour son plan. Durant les deux semaines et quelques jours qui se sont écoulées, elle avait mis le nécessaire en place, mais ne savait toujours pas si elle était prête à le faire. — Allo ? — Oui, euh d'accord, ça me va. — Très bien. Je serai très occupé dans la journée, je me vois donc dans l'impossibilité de venir vous chercher. — Ne vous inquiété pas, après tout il s'agit d'un rendez-vous d'affaire, vous n'êtes pas obligé. Je serai à l'heure, dit-elle rapidement. — Vous m'en voyez ravis. Bonne journée Jessica. — Bonne journée monsieur Winston, repondit-elle. Quand il eut raccroché, elle se laissa tomber sur son lit et fixa les lignes du plafond pendant une minute. Plusieurs clients l'avait appelé par son prénom, cela n'avait donc rien d'extraordinaire dans le fait que Charles Winston le fasse aussi, et pourtant... pourtant c'est étrange, elle trouvait cela trop intime. D'un bond, elle se leva et alla ouvrir son armoire pour y dénicher la seule vrai robe assez sexy qui ornait ce dernier. Elle n'en portait pas de ces robes là — enfin, plus — et se sentait mal à l'aise à l'idée de la mettre. C'est pour la bonne cause, se dit-elle pour se requinquer. * Elle n'avait pas durée avant de trouver le restaurant où ils devaient se voir. La route avait été longue mais elle ne s'en formalisa pas. Charles l'avait prévenue de toute façon. Elle gara et descendit de voiture quand le portier vint lui prendre les clés. Jessica accrocha un sourire reconnaissant et se dirigea vers l'entrée. Une fois, deux fois, elle souffla, releva la poitrine en même temps que le menton et se laissa pousser à l'intérieure. Le restaurant était calme et chaleureux. Elle était contente de voir que le cadre n'avait rien de trop intime. Charles Winston avait fait un bon choix, reconnue-t-elle en balayant la grande salle du regard à la recherche de ce dernier. Absorbée dans sa quête, elle sursauta donc en sentant une main large glissée dans le creux de son dos. Se retournant, le regard perplexe, elle rencontra les yeux bleus de l'homme, qui aborait un sourire chaleureux. — Je vois que je suis venue juste après vous, dit-il en l'entraînant dans la pièce. Jessica tituba un instant sur ses talons avant de se reprendre. Que lui arrivait-il ? Pourquoi avait-elle chaud soudainement ? Ce n'était ni le premier, ni le dernier homme qui la conduisait dans un restaurant. Elle n'avait aucune raison de tremblez. Il la guida vers une table au coins, où, remarqua-t-elle, la lumière était plus tamisé qu'à la centrale. Jessica fronça les sourcils pendant qu'il lui tirait une chaise. — Merci. Elle perdait les moyens. Elle ne pensait pas faire une entrée comme ça, pas avec lui. Enfin... peu importe. L'important était de sortir de ce rendez-vous la victoire au cœur. Cela la rassura, parce qu'elle était certaine que son plan marcherait. — Alors, la journée a été ? s'enqui-il en allant prendre place devant elle. Il ne la complimentait pas sur sa robe ? se demanda Jessica, surprise. — Très bien, et la vôtre ? demanda-t-elle par politesse. Car elle osait se l'avouer, tout ce qui l'importait vraiment était la maison. — La journée a été longue. Entre le décollage et l'atterrissage, j'ai dû prendre plusieurs décisions importantes. Mais j'adore mon travail. — Vous travaillez dans le commerce si j'ai bien compris les informations que j'ai reçu de vous ? Un garçon vint à se moment prendre leur commande. — Avant de répondre à votre question, laissez-moi vous dire que vous êtes ravissante ce soir, dit-il en levant son verre de vin blanc. Jessica aurait pu danser de joie si elle était seule. Son plan fonctionnait. La première étape était passée, c'est à dire s'assurer qu'il était un vrai gentleman. Elle esquissa un sourire. — Je vous remercie, répondit-elle en choquant son verre au tiens. — Je travail en effet dans le commerce. Notamment l'import export d'objets de grandes valeurs. J'affectionne surtout les sculptures. — Vraiment ? demanda Jessica, intéressée. — Mon grand père était sculpteur. J'avais l'habitude de traîné avec lui dans son atelier. Je pouvais y passer des heures sans me laisser. Vous vous moqueriez bien de moi si je vous disais que je n'ai pas la moindre idée de comment réaliser une statut. Jessica ne pu s'empêcher de sourire. — Que vous a donc appris toutes ces heures d'observation ? — Je dirai la concentration. C'est un travail qui nécessite une attention particulière et une droiture parfaites. Mon grand père possédait ces deux qualités et en faisait usage à titre professionnel quand bien même personnelle. — Vous devriez l'aimez beaucoup. — Il vous aurait plus, répondit-il en souriant. Le garçon revint avec leur nourriture et en profita pour remplir leur verre qui s'était vidé. — Jessica, dit-il en déposant sa fourchette au bout d'un moment. Je sais ce qui se trame dans votre tête. La jeune femme sentit tout ses sens s'alerter quand il l'appella, mais encore plus à la fin de sa phrase. Il avait deviné ? Ce n'était pas possible, si ? Oh non. Prudemment, Jessica déposa sa fourchette, essuya le coin de sa bouche et souleva son verre encore plein. — Vous êtes nerveuse ? Elle cligna des yeux, qu'elle leva sur lui d'un mouvement vif. — Je n'ai aucune raison de l'être, monsieur Winston. — Je vous appelle par votre prénom, le mieux que vous puissiez faire serait de me rendre la monnaie de ma pièce. — Monsieur Winston... — Je sais que vous convoité ma maison, dit-il sans la quitté des yeux. Jessica sentit des picotements sur chaque épidémie. Elle pouvait deviné son visage rouge rien que par les picotements qui la saisissait. Elle s'éfforça d'avaler une gorgée de vin. — Vous avez deviné ? Il était inutile de cacher la vérité. — Vous m'avez traité de voleur dès que vous avez croisé mon regard et su que je me nommais Charles Winston. Ensuite vous avez refusé de me tendre la main, et pour finir, vos excuses étaient trop plats pour êtres vrais. — Eh bien... Il sourit et sirota son verre. — Alors j'ai raison ou pas ? Jessica déposa son verre et s'humecta discrètement les lèvres avant de prendre une profonde inspiration, qui releva légèrement sa poitrine. — Malheureusement oui, répondit-elle d'une voix exagérément peinée. Quand Kelly m'a informé que la maison avait déjà été vendue, je me suis senti trahi. — C'est de ma faute alors ? Bien sûr que oui ! pensa-t-elle. — C'est la faute à l'agence, affirma-t-elle plutôt. Et puis c'était vrai d'une part. Et l'agence, et ce Charles Winston étaient responsables. — Que pensez-vous faire maintenant ? Vous êtes en quête d'une nouvelle maison ? Elle souffla et prit un air dépité. — Non. Enfin pas encore. Je ne pense pas trouver une maison comme celle-là. Elle va parfaitement bien avec la petite maison que j'avais étant plus jeune. C'est la raison, en plus de la magnifique mer qui s'étale à perte de vue, que j'ai choisi cette villa, vous comprenez ? dt-elle en relevant ses yeux vert sur lui. Il la scrutait comme à son habitude, et elle s'efforça de ne pas paraître déstabiliser. Après un moment qui lui parut une éternité, il prit enfin la parole. — Désolé d'avoir gâché vos plans, dit-il en prenant une gorger de son verre. Désolé ? C'est tout ce qu'il disait ? — Si vous voulez, je peux vous entretenir avec un bon agent immobilier. Il dispose de magnifiques villa qui pourraient vous plaire, proposa-t-il en affichant un sourire compatissant. — Je... Jessica commençait à douter de son plan. Ce n'était en rien ce qu'elle avait prévu. — Je dois avouer que vous êtes assez intéressante, dit-il sans lui laisser le temps de trouver ses mots. Vous m'agresser en me considérant comme un voleur, et vous venez à ce rendez-vous d'affaire dans cette robe exagérément sexy. Si c'est cela votre plan pour me faire abandonné cette splendide villa, vous vous y êtes mal pris. Jessica resta c**t de stupeur. Elle était pétrifié ! Il avait deviné et le lui crachait ainsi au visage ! Le goujat ! Elle n'allait pas se laissee faire aussi facilement. — Je ne vois absolument pas de quoi vous parlez monsieur Winston et je considère comme une insulte, que vous me pensier capable de séduire mon client. — Il me semble que je ne suis pas que simple client, Jessica, dit-il d'une voix veloutée qui fit trembler une corde invisible mais sensible à l'intérieur de son corps. — Q... quoi ? — Je suis votre rival n'est-ce pas ? C'est ce que vous avez décidé. Je le vois dans vos yeux quand vous me regarder. Tout ce qui vous intéresse, c'est cette maison. Vous la voulez. Jessica rougit encore plus, honteuse. Elle se rendait compte à présent de combien son idée était absurde. Elle n'aurait jamais dût se faire passer pour une femme qu'elle n'était pas : une séductrice. Ce rôle lui allait tellement mal ! Cependant, elle devait préserver sa dignité. Alors, relevant les épaules elle décida d'attaquer directe : — Très bien, commença-t-elle. Je tiens à vous dire que cette maison m'appartient. Ce n'est pas parce que vous êtes plein au as que vous avez le droit de piétiné les autres. J'ai trouvé cette maison avant vous, donc je ne vous donne pas le droit de me la volée. Elle avait dit tout ça en le regardant droit dans les yeux. Contre toute attente il éclata de rire, et elle fronça les sourcils. — Qu'est-ce qui vous prend ? demanda-t-elle d'une voix méprisante. — Vous êtes stupéfiante, Jessica. — Vous ne me connaissez pas, répliqua-t-elle sèchement. — Peut-être pas, mais je suis habitué à ce genre de femme, manipulatrice et ambitieuse, lâcha-t-il en la fusillant du regard. — Je ne suis pas comme ça ! protesta-t-elle. — Une robe noir avec décoltée, des escarpins vingt centimètres, des mouvements un peu trop appuyé, une voix douce qui n'est pas celle que j'ai entendu lors de nos deux rencontres... — Je... — Ce n'est pas la peine, la coupa-t-il sévèrement. Kelly ne sera vraiment pas contente de votre comportement, Jessica. Je n'imagine pas ce que serait sa réaction si elle l'apprenait. — Je veux cette maison. — Elle est déjà à moi, répliqua-t-il. Je l'ai acheté, j'ai signé tout les papiers. — Mais vous êtes riche ! Vous pouvez vous procurer tout ce que vous voulez, non ? tenta-t-elle. Il arqua un sourcil et plongea ses yeux dans les tiens. — Personne ne peux avoir tout ce qu'il désir. Même l'argent n'est pas capable de changer ça, vous devriez le savoir non ? — Bien sûr, je le sais. Pourtant dans ce contexte si, oui. Vous pouvez trouver une maison meilleure que celle-là. — Pourquoi désirez-vous cette villa ? — Pour la même raison que vous, répondit-elle sans hésiter. Il secoua négativement la tête en émettant un bruit négatif avec sa langue. — Ça ne se peut. Vous ne connaissez pas me raisons, alors répondez-moi. Pourquoi voulez-vous à tout prie cette maison ? Jessica soupira et repoussa son assiette à moitié vide. — C'est personnel, finit-elle par avoué. — Personnelle ? Vous voulez dire que vous voulez partager cette maison avec votre amant ? demanda-t-il sèchement. — Mais de quoi est-ce que vous parlez ? De quel droit vous permettez-vous de vous mêler de ma vie privée ? Il haussa les épaules et la déshabilla du regard. — Aucun. Seulement voilà, vous me supplier presque pour que je vous laisse... — Je ne vous supplie pas ! protesta-t-elle. — Vous me supplier presque, continua-t-il en ignorant sa remarque, pour que je vous laisse cette maison afin d'y batifoler avec votre petit ami c'est bien ça ? Et vous pensez vraiment que je vous ferai ce plaisir ? — Peu importe les raisons qui me poussent à vouloir cette maison ! Écoutez. J'ai économisé beaucoup d'argent. J'ai deja lus de la moitié demander pour l'achat de la maison. Puisque vous l'avez déjà acheté, vous pouvez me la laissé et je vous remettrai mes économies. Je vous rembourserai le reste dû, proposa-t-elle, espérant désespérément qu'il accepte. C'était sa dernière carte. Charles s'adossa à son siège et la contempla un long moment. — J'ai aussi acheté la mer. Vous allez l'acheter aussi ? Jessica lança une plainte du font de sa gorge. Ce type était vraiment un dur à cuire, elle l'avait bien sous-estimer, pensa-t-elle amèrement. Elle avait l'impression qu'il c'était préparé pour cette discussion. Mais c'était impossible. Il ne pouvait pas avoir deviné ses intentions lors de leur première entrevue. Elle-même n'en avait eu l'idée qu'une fois qu'il était partie. Il devrait vraiment être un rude adversaire pour ses concurrents. — Alors, vous en dites quoi ? Il se moquait d'elle. Encore. — Vous savez très bien... — Alors le problème est réglé, lâcha-t-il. — Je vous déteste, cracha-t-elle ne pouvant se retenir plus longtemps. C'était vrai. Elle le détestait parce qu'elle se rendait compte que cette maison ne lui appartiendrait jamais. Jessica se leva et sortie de la salle, sous les quelques regards qu'elle avait attiré sur leur table. En y pensant, ses escarpins lui faisait vraiment mal au pied. Sans regarder en arrière, elle sortie et pris ses clés chez le portier qui lui décrocha un sourire auquel elle répondit rapidement. Derrière le volant, elle jeta un regard à l'entrée du restaurant, et en voyant Charles Winston en sortir, le regard sombre, elle démarra rapidement. Plusieurs essaies lui firent comprendre que sa voiture l'abandonnait. Sa portière s'ouvrit à la volée, et elle se retourna vivement vers lui. — Qu'est-ce qui vous prend de vous en aller comme ça ? s'écria-t-il en se penchant vers elle. Il était soudainement si proche que le souffle de Jessica devint saccader, et elle se hâta de reculer légèrement. — Je... je m'en vais ! On n'a plus rien à se dire vous et moi, balbutia-t-elle. — Bien sûr que si. Votre voiture est en panne à ce que je vois ? fit-il remarquer en arquant ses sourcils. — Non, ça va prendre, répondit-elle rapidement en mettant à nouveau le contact. La voiture démarra, et elle allait affiché un sourire de triomphe quand un vrombissement suivit avant que le moteur ne s'éteigne. — Sortez, ordonna-t-il. — Je vous ai dit que je rentrais ! D'un mouvement brusque et agile, il se pencha encore plus et enleva la clé du contact. -— Qu'est-ce que vous faites, protesta Jessica en sortant cette fois-ci. — Cette voiture date de quand ? Vous la faite souffrir. Jessica s'adossa contre sa voiture d'un geste protecteur. — C'est la mienne pas la vôtre. — Venez, on rentre, dit-il en la tirant par le bras. Elle se dégagea et recula. — Je ne rentrerai pas avec vous. Vous n'avez pas le droit de prendre cette maison ! Et la mer ! Non mais vous vous prenez pour qui ? Hein ? s'écria-t-elle. Il la regarda en fronçant les sourcils et elle se demanda ceux à quoi il pensait. — Très bien. Maintenant on y va, vous voulez ? Je meure de fatigue, souffla-t-il en la reprenant par le bras. — Vous voulez dire que vous allez me.... — Ne soyez pas stupide voyons. Il en est hors de question. Il fit signe au garçon qui amena sa voiture. — Entrée. — Et ma voiture ? — Je vous la ramènerai, ne vous ne faites pas. Maintenant entrée, je suis vraiment fatiguée Jessica. Cette fois-ci elle obtempéra et s'assit lourdement sur le siège passager. Pendant qu'il faisait le tour de la voiture, elle en profita pour le contemplé par le par prise. Sa démarche féline faisait mouvoir ses hanches étroites, ses épaules carrées suivant le mouvement... Le bruit sec de la portière la fit sursauter, et elle se tourna vers lui. C'était bien la première fois qu'elle contemplait un homme ainsi, depuis Dave. Elle se surprenait vraiment ! Que lui arrivait-il ? Charles fini par mettre le contact, et la voiture s'élança sur la route.
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