* * * Cela faisait pratiquement deux heures que Ronan Kerdérec avait franchi l’entrée de “La Corvette”, un bar au centre du Relecq-Kerhuon. Germain Noblet n’avait pas quitté le jeune homme d’une semelle depuis que celui-ci avait quitté son domicile à pied. En planque dans sa voiture, il commençait à trouver le temps long. Le policier en civil décida d’aller voir de plus près ce qui se passait. Il pénétra à son tour dans l’estaminet enfumé, au comptoir duquel s’échauffait allégrement une bonne vingtaine de consommateurs serrés comme des sardines, échangeant des conversations sûrement banales et surtout inaudibles, noyées dans le brouhaha uniforme. Il commanda un café et, la tasse à la main, observa les lieux de manière évasive. Ronan Kerdérec ne squattait pas le comptoir. Il fronça le


