VILe soir, au redoublement de la fièvre, elle semblait déjà beaucoup plus dangereusement atteinte. Sur son corps robuste, la maladie avait eu prise avec violence, – la maladie reconnue trop tard, et insuffisamment soignée à cause de ses entêtements de paysanne, à cause de son dédain incrédule pour les médecins et les remèdes. Et peu à peu, chez Ramuntcho, l’affreuse pensée de la perdre s’installait à une place dominante ; pendant les heures de veille qu’il passait près de son lit, silencieux et seul, il commençait à envisager la réalité de cette séparation, l’horreur de cette mort et de cet ensevelissement, – même tous les lugubres lendemains, tous les aspects de sa vie prochaine : la maison qu’il faudrait vendre avant de quitter le pays ; ensuite, peut-être, la tentative désespérée au c


