XIIL’hiver venait de finir. Ramuntcho, – qui avait dormi quelques heures, d’un mauvais sommeil de fatigue, dans une petite chambre de la nouvelle maison de son ami Florentino, à Ururbil, – s’éveillait maintenant, tandis que naissait le jour. La nuit, – une nuit de tempête pourtant, une nuit trouble et noire tout à souhait, – avait été désastreuse pour les contrebandiers. Du côté du cap Figuier, dans les rochers où ils venaient d’aborder par mer avec des ballots de soie, ils avaient été poursuivis à coups de fusil, obligés de jeter bas leurs fardeaux, perdant tout, les uns fuyant sur la montagne, d’autres se sauvant à la nage au milieu des brisants, pour gagner la rive française, dans l’épouvante des prisons de Saint-Sébastien. Vers deux heures du matin, épuisé, trempé et à demi noyé, il


