IXJe devais, ce jeudi-là, me rendre aux assises, à Rennes, où l’on devait rejuger une dénommée Véronique Dufour, une jeune femme de Morlaix qui avait tué son amant, trois ans auparavant. Appelé par des voisins alertés par les cris, j’avais, avec mes collègues de l’époque, découvert le cadavre de la victime, lardé d’une quarantaine de coups de couteau de boucherie. La jeune femme, sous l’empire de l’alcool et de la drogue, nous avait même fait peur lors des interrogatoires. Nous avions été contraints de l’attacher par ses menottes au radiateur, comme dans les mauvais feuilletons policiers à la télévision. Elle nous aurait volontiers crevé les yeux. Une vraie furie ; impossible de la calmer. Mal gré son état de délabrement physique et mental, elle avait été jugée responsable de ses actes et,


