IIJ’assistais toujours, sans trop me manifester, à l’interrogatoire de Jérôme Léyec. J’étais au fond de la pièce et je laissais mes jeunes collègues faire librement leur travail. Je regardais, par la fenêtre, la rue du Mur balayée par la bourrasque qui faisait rouler et chassait les papiers et les feuilles mortes, et l’averse qui rebondissait sur le toit des voitures. Les rares passants hâtaient le pas, luttant contre leur parapluie, la tête enfoncée dans les épaules. Plus bas, sur la place des Halles, des voitures tournaient à la recherche d’une place de stationnement. Il régnait une atmosphère de mélancolie générale. La fumée des cheminées virevoltait, se couchait sur les toits, puis s’évanouissait vers le quartier Saint-Mathieu. La mort stupide et injuste de cette jeune femme faisait n


