VIIL’homme caresse les touches du piano du bout des doigts, les blanches d’abord, puis les noires plus saillantes. Il aime cette sensation particulière d’un toucher lisse et tiède à la fois de la matière qui reste vivante quoi qu’il arrive. Il sait la sensibilité naturelle de l’objet. Il fait bien attention à ne pas produire de son. Il suffirait d’un supplément de pression pour se situer immédiatement dans la gamme alors qu’il milite pour la discrétion la plus absolue. En dehors des gens du quartier qui, forcément, observent les allées et venues, personne ne doit savoir qu’il a investi cette bâtisse ancienne et qu’il y a élu domicile pour un temps déterminé. À un moment ou à un autre, il va être recherché et pisté comme un gibier. La meute va se déployer autour de lui pour tenter de l’en


