Clairement, l’entretien s’est bien passé, Mia fronce les sourcils, pensant qu’ils ont sûrement dû trouver quelqu’un de plus qualifié.
En suivant cette pensée, ce n’est plus si dur pour Mia d’accepter ce résultat.
Le soir, dès que Joseph rentre, il s’enferme dans sa salle d’étude, il semble que c’est en rapport avec le travail.
De son côté, Mia se renseigne des plats préférés de Joseph auprès de Chloé et les prépare elle-même.
Chloé sourit et dit :
- Voilà ce qu’on attend d’une épouse.
Mia baisse la tête et sourit, si ce n’était pas parce qu’elle a des affaires à supplier Joseph, elle ne cherchera pas à le flatter.
Chloé soupire et puis dit :
- Madame Cosey est décédée il y a longtemps et Maître Cosey a épousé une autre femme. Depuis, monsieur Joseph rentre rarement. Il a l’air froid, mais en réalité très émotif.
Mia ne parle pas, elle continue d’écouter sérieusement.
- Mlle Fadel a sauvé la vie de monsieur Joseph lorsqu’ils étaient jeunes, et depuis elle le suit. Auparavant, Joseph ne l’aimait pas, mais après son retour d’une mission, son attitude envers elle a changé. Mais ne vous inquiétez pas, quoi qu'il en soit, c’est vous sa femme officielle.
Chloé tapote l’épaule de Mia et la console.
Mia baisse sa tête et sourit avec amertume, elle n’a pas le droit d’intervenir dans les affaires de Joseph.
Même s’ils sont époux sur papier, ils sont en réalité des étrangers.
Elle comprend le sens de ce mariage.
Mia jette un coup d’œil à la salle d’étude et pense au café noir que Leila a fait, donc elle demande à Chloé :
- Où sont les grains de café ? Je voudrais lui faire du café.
En entendant ce que Mia a dit, Chloé est contente, elle pense que Mia a envie de maintenir sa relation avec son mari, elle prend les grains et lui donne en disant :
- Ne mettez ni sucre ni lait, monsieur Joseph n’aime pas les choses sucrées.
Mia hoche sa tête et prépare vite un pot de café. Elle verse le café dans une tasse délicate et la donne elle-même à Joseph.
Dans la salle, Joseph est en train de téléphoner et a l’air irrité.
- Pourquoi le département des Ressources Humaines n’arrive pas à recruter un interprète ? C’est si difficile ?
Il parle plusieurs langues, mais ne maîtrise pas la langue du Pays A, parce que cette langue n'est pas utilisée couramment, de plus, comme c'est un nouveau projet, il doit s'occuper de beaucoup d'affaires. Comment se débrouillera-t-il s'il ne peut même pas comprendre la langue ?
- Informe au manager du département des Ressources Humaines que s'il n'arrive pas à trouver un interprète d'ici une journée, il sera licencié !
Toc, toc, toc.
Joseph est encore très fâché quand il entend frapper à la porte. Sans changement de ton dans sa voix, il dit froidement :
- Entre !
Mia a peur et se demande s'il est en colère.
Mais comme elle a déjà frappé à la porte, elle n'a pas d'autre choix que d'entrer, même s'il est en colère.
Mia essaie de sourire et dit :
- J'ai préparé du café pour toi.
Le regard de Joseph posé sur le visage de Mia passe alors au café qu'elle tient dans ses mains et il plisse les yeux. Ce matin, elle l'évitait, mais maintenant, elle lui donne elle-même du café ?
Cette femme change vraiment son avis d'un moment à l'autre !
Joseph pose son téléphone, s'assoit et regarde tranquillement l'acte de Mia. Il veut vraiment savoir ce que cette femme cherche à accomplir !
- Je ne sais pas si c'est à ton goût.
Mia dépose le café sur la table.
Joseph ne bouge pas. Il se détend et s'appuie sur le dossier de son fauteuil.
Mia le flatte :
- Tu veux goûter un peu ?
Joseph lève ses sourcils et comprend la cause de son changement d'attitude.
Il dit d'un ton moqueur :
- Tu me flattes soudainement, c'est pour le terrain de la Baie ?
Ces mots surprennent Mia, elle ne s'attend pas qu'il discerne ses intentions aussi rapidement.
Tout à coup, Joseph agrippe le menton de Mia. Il exerce une force sur ses doigts, Mia ressent une douleur forte.
Elle ouvre sa bouche et veut expliquer. Mais, comment expliquer ? Lui dire que c'est elle qui a été abandonnée ? La croirait-il ?
- Je ne suis pas.
- Sors !
Joseph la jette de côté.
Mais le bras de Mia renverse la tasse de café, les documents sont mouillés par le liquide noir, Joseph devient plus sérieux.
Mia ne pensait pas qu'il y aurait cette scène, elle s'essuie hâtivement.
Joseph déplace les documents et gronde impétueusement :
- Sors, tu n'as pas entendu ?
Joseph déteste les gens qui flattent !
Mia ne peut que partir.
- Attends, prends ce truc.
Joseph est agacé.
Mia prend la tasse et sort.
Le soir, Joseph rentre dans sa chambre après avoir pris le dîner.
Mia soupire, cet homme a un sale caractère, c'est déjà compliqué de s'approcher de lui, mais encore plus s'il faut obtenir ce terrain et avoir la balle dans son camp pour contrer George.
Après avoir pris une douche, Mia se couche, elle se tourne dans son lit, puis se retourne, mais n'arrive toujours pas à s'endormir, elle décide de se lever.
En se remémorant des documents ruinés à cause du café qu'elle a amené, elle se sent coupable.
Elle veut réparer sa faute, donc elle va vers la salle d'étude de Joseph.
Elle allume la lumière, les documents mouillés sont toujours là. Elle s'aperçoit que ce sont des écritures de la langue du Pays A. Les mots sont presque illisibles.
Elle trouve des feuilles vierges et commence à copier les documents. Mia sait que la langue du Pays A n'est pas souvent utilisée, donc pour s'excuser, elle les traduit afin qu'il puisse comprendre.
Il y a une dizaine de pages à traduire et à copier. Elle finit à trois heures du matin.
Elle dépose le stylo, se frotte le poignet douloureux, puis agrafe les documents dans l'ordre et les dépose sur la table, puis elle repart se coucher dans sa chambre.
Mia ne s'est pas encore levée quand Joseph prend son petit-déjeuner. Elle s'est couchée très tard hier soir. En plus, sa grossesse lui donne toujours envie de dormir.
Joseph fronce les sourcils et demande à Chloé :
- Elle ne se lève pas ?
Chloé baisse ses yeux, répondant :
- Non, vous me questionnez alors que c'est vous qui êtes en couple, je ne suis qu'une étrangère.
Joseph comprend les mots de Chloé.
- Laisse tomber.
Il n'est pas fort pour s'expliquer, même si devant Chloé qui prend soin de lui depuis son enfance.
- Jeune maître, je sais que vous n'aimez pas Mlle Lambert. Néanmoins, c'est le mariage que votre mère a désigné quand elle était encore en vie, en plus, je trouve qu'elle se soucie beaucoup de vous. Hier, dès qu'elle est rentrée, elle m'a demandé tous les plats que vous aimez. Toute seule, elle a cuisiné tous les plats pour le dîner d'hier. En plus, elle a préparé elle-même le café pour vous.
Non, elle l'a flatté soudainement juste pour le terrain de la Baie.
Elle, se soucier de lui ?
Joseph trouve cela ridicule.
Il tourne sa tête et regarde Chloé en disant :
- Ne te fie pas à ses apparences.
Il sait clairement quel genre de femme elle est !
En repensant à l’état actuel des documents, il se dirige vers sa salle d’étude. Il va falloir qu’il les rapporte à l’entreprise afin de les réimprimer.
Dès qu’il entre, Joseph trouve que son bureau a été touché par quelqu’un.
À part Chloé et Paul, personne n’est jamais entré dans cette salle, pas même Leila.
Qui aurait pu entrer alors ?
Cette femme s’y est-elle faufilée secrètement ?
Il fait un grand pas jusqu’au bureau et trouve alors un document manuscrit. Il le prend, et voit une écriture belle et soignée.
Il fronce les sourcils. C’est l’œuvre de cette femme ? Elle maîtrise la langue du Pays A ? Joseph n’arrive pas à y croire.
Au moment où il dépose ce document afin d’interroger Mia, un sticker tombe, et il lit.
« Je tiens à m’excuser d’être entrée sans ta permission. À cause de moi, tes documents ont été ruinés. C’est pourquoi je vais faire de mon mieux pour les remédier à la situation. Pour te dédommager, comme ce n’est pas facile d’apprendre la langue du Pays A, j’ai traduit le contenu dans notre langue pour que tu puisses les consulter plus facilement. Mia. »
Joseph tient le sticker, puis jette un coup d’œil aux dix pages traduites, toutes sont manuscrites. Sa colère s’atténue.
Il regarde les écritures bien soignées et devient tout à coup curieux envers cette femme.
Il ne s’attend pas à ce qu’elle maîtrise une langue aussi rarement utilisée.
Joseph pose le sticker, prend ces documents puis part à l’entreprise.
Quand Mia se lève, il est déjà midi et Chloé prépare les plats, elle se sent gênée, car elle s’est levée tard.
Chloé sourit en disant :
— D’habitude, ce lieu est isolé, car monsieur Joseph ne fait jamais la grasse matinée. Depuis votre installation, il est devenu un peu plus animé.
Mia sourit.
— Alors Mlle Fadel ne vient pas souvent ici ?
Chloé est étonnée d'entendre cette question, est-elle jalouse ?
Mia n'est pas jalouse, elle a posé cette question sans intention particulière et regrette tout de suite après l'avoir formulée.
- Pas très souvent, avant, monsieur Joseph était aussi froid envers elle...
Chloé a toujours trouvé cela étrange : pourquoi a-t-il changé son attitude après la mission ?
Ils se sont connus pendant des années, mais il n'est jamais tombé amoureux d'elle, pourquoi le serait-il en quelques jours ?
Chloé ne parvient pas à comprendre.
Mia pense que les hommes sont aussi capricieux que les femmes. Surtout un homme comme Joseph.
Malgré le fait que l'entreprise l'ait refusée, Mia ne veut pas mener une vie oisive. Elle a besoin d'un travail stable, parce qu'elle n'arrive pas pour l'instant à récupérer les affaires de sa mère.
Elle n'a plus beaucoup d'argent en main, et même si elle n'a pas besoin d'argent pour vivre ici, elle devra en gagner pour sa mère.
Après avoir mangé, elle sort.
Pour quelqu'un qui n'a ni diplôme ni expérience, c'est vraiment difficile de trouver un travail.
Refusée par plusieurs entreprises, elle ne peut qu'essayer de rechercher un travail facile.
Un restaurant de haute gamme recrute des serveurs.
Ce poste n'exige pas de diplôme, il faut juste qu'elle soit habile. Comme elle doit s'assurer qu'elle a de l'argent, elle entre pour
postuler.
Mia n'a pas obtenu de licence, mais elle a tout de même été étudiante à l'université. Ses paroles et ses actes sont logiques. Et en plus, elle réagit rapidement.
Le manager du restaurant lui demande de commencer à travailler dès le lendemain.
Quoi qu'il en soit, Mia a enfin un travail et elle est par conséquent de meilleure humeur. Sortie du restaurant, elle se promène aux alentours.
Le soleil se couche et laisse une b***e de rouge au bord du ciel. Cette lumière rouge reflète sur la rue et tire la silhouette de Mia en une longue ombre.
Elle est toute seule, un sentiment de solitude apparaît.
- Mia.
Mia tourne la tête vers la direction de la voix et voit Serge se diriger vers elle de l'autre côté de la rue.
- J'ai cru que je m'étais trompée, sourit-il.
- Dr. Touchard.
Mia est surprise de le revoir, disant :
- Pourquoi tu n'es pas encore rentrée au Pays A ?
Il regarde Mia, veut lui dire quelque chose, mais s'arrête.
- J'ai décidé de travailler ici.
Se souvenant du jour où elle était à l'hôpital : le directeur a personnellement demandé au Serge de travailler dans son hôpital,
Mia comprend tout de suite.
- Tu es bien rémunéré par l'hôpital ? lui demande Mia qui l'envie.
Elle n'a pas réussi à obtenir son diplôme, parce qu'elle devait s'occuper de sa mère à ce moment-là. Donc maintenant, il est vraiment difficile de trouver un emploi.
Serge sourit doucement, disant :
- Oui, pas mal.
Quelque soit les rémunérations proposées, il n'est resté que pour elle.
Dans ce pays, le nombre de personnes et d'affaires qu'il souhaite oublier est non négligeable.
Mia lève sa tête et regarde le ciel, il va bientôt faire nuit, cela fait déjà presque deux mois qu'elle est revenue.
Et maintenant, elle est perplexe et confuse, il se prouve que récupérer ses affaires est plus compliqué qu'elle ne le croyait.
Serge ressent ses émotions, tend sa main pour remettre les cheveux de Mia derrière son oreille.
- Tu peux me parler de tes difficultés.
Mia secoue sa tête en souriant, il l'a déjà beaucoup aidée.
Ça fait déjà un moment qu'ils se connaissent, il comprend les pensées de cette petite fille qui ne veut pas devoir aux autres malgré ses difficultés.
- Tu es obstinée.
Elle est tellement obstinée qu'il éprouve de la compassion pour elle.
- Il fait presque nuit, Dr. Touchard, tu ne rentres pas ? lui pose Mia la question.
Mia l'a toujours appelé Dr. Touchard auparavant.
- Mia, dit Serge en la fixant du regard, ne m'appelle plus Dr. Touchard.
Il regarde Mia sérieusement :
- Appelle-moi Serge. Ça fait déjà longtemps que nous nous connaissons, l'appellation de Dr. Touchard est étrangère entre nous, tu ne trouves pas ?
Mia réfléchit, il est plus âgé qu'elle et prend soin d'elle comme un grand frère.
- Ok, Serge ?
- Oui !
Serge profite de ce moment pour être proche d'elle, il tend ses mains et tient Mia dans ses bras.
- Joseph, c'est Mlle Lambert ?
Joseph est en train de conduire, il ne fait donc pas attention aux piétons. Après avoir entendu la remarque de Leila, il regarde vers eux...