016 - Awa

906 Mots

Le silence qui a suivi le départ de Karim était plus terrifiant que n’importe quelle dispute. Dans le salon, les tantes s’éclipsaient l’une après l’autre, ramassant leurs sacs et leurs voiles avec une hâte pudique, comme si elles craignaient que la malédiction qui venait de s'abattre sur les Faye ne soit contagieuse. Elles ne chantaient plus. Elles ne dansaient plus. Elles emportaient avec elles les restes du festin et les lambeaux de notre dignité. Je restais là, appuyée contre le chambranle de la porte de la cuisine, ma jambe raide me lançant une douleur sourde. Je regardais Halima. Elle était toujours assise sur le trône des mariés, le petit Moussa endormi dans ses bras, mais elle n'avait plus rien d'une reine. Elle ressemblait à une statue de sel que la pluie commençait à dissoudre.

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