Désormais, le silence n'était plus une absence de bruit, mais une présence étouffante qui occupait chaque mètre carré de l'appartement de la Joliette. Le narrateur des jours heureux s'était tu pour laisser place à une tragédie feutrée, où chaque geste était calculé, chaque regard pesé. Halima, en maîtresse de ballet cruelle, avait instauré une routine millimétrée. Elle agissait comme si la révélation du vol biologique n'était qu'un détail technique déjà classé. Pour elle, Moussa était son fils par droit de conquête, et l'appartement était son royaume. Mais elle n'était pas dupe : elle sentait le sol vibrer. Elle voyait Karim s'attarder sur son ordinateur la nuit, les traits tirés, et elle percevait l'étincelle de révolte dans les yeux d'Awa. Un mardi matin, alors que le Mistral faisait h


