Le silence des Calanques fut brisé non pas par les sirènes, mais par la vibration lancinante du vieux téléphone d'Awa, posé sur la table en bois brut. Le nom s'afficha, faisant l'effet d'une décharge électrique : **Karim**. Elias se tendit instantanément, sa main se refermant sur le dossier qu'il consultait. Ses yeux sombres passèrent de l'écran au visage d'Awa, cherchant à y lire la trace de l'ancienne loyauté. — Ne réponds pas, Diop, gronda-t-il. C’est un traceur. S’il est libre, c’est qu’elle tient la laisse. Chaque seconde de communication, c’est un kilomètre de moins pour les gendarmes. Awa regarda l'appareil. Le téléphone vibrait comme un cœur agonisant. Elle pensa au mariage, à la trahison, à la soie ivoire de Halima. Mais elle pensa aussi aux années de douceur, aux promesses de


