Six mois s'étaient écoulés depuis la nuit de Marignane. Le sel avait séché sur les coques des bateaux, et Marseille, avec son éternelle capacité à tout digérer, avait déjà trouvé d'autres scandales à se mettre sous la dent. Pourtant, pour Awa, chaque réveil dans le petit appartement du Panier — celui qu'Elias avait rénové de ses propres mains — restait une victoire silencieuse. Elle n'habitait plus la Joliette. Elle n'habitait plus le luxe bâti sur le mensonge. Elle vivait dans une structure faite de poutres apparentes et de confiance brute. Ce matin-là, la lumière d'automne entrait par la fenêtre, éclairant Moussa qui tentait ses premiers pas, s'agrippant à la table basse en bois massif. Awa le regardait, une tasse de café à la main, quand on frappa à la porte. Un coup hésitant, presque


