45 15h43Erdman gravit la rue pentue, aussi vite que le lui permettent ses blessures. C’est-à-dire pas très vite. Et ça lui convient. Plus il approche de chez lui, plus il traîne les pieds, il craint la réaction provoquée par ses deux nuits d’absence inexpliquée. Une femme assise dans sa voiture, devant chez lui, lève les yeux vers les fenêtres. Le voyant apparaître, elle ouvre sa portière. Compte tenu des événements de ces derniers jours, et notamment de la présence de cet inconnu à la périphérie de son existence, Erdman s’approche d’elle prudemment. — Je peux vous aider ? demande-t-il. La femme observe son visage tuméfie, ses vêtements trop grands et ses cheveux qui, sous la pluie, prennent peu à peu la couleur du pain d’épices brûlé. — Je crois que c’est plutôt à moi de vous aider,


