28 20h07Le corps ensanglanté du père gît dans l’herbe, à quelques dizaines de mètres de là. Il descend de sa camionnette, ses chaussures cirées s’enfoncent dans le sol boueux. En approchant, il constate que l’homme a les yeux fermés, gonflés. Il ne bouge pas. Le Collectionneur le contourne. Il pourrait l’aider. Il pourrait appeler une ambulance. Mais il ne le fait pas. Pour une fois, la route est déserte. Pas de voitures, pas de promeneurs de chien ni de joggeurs. Il sourit, ses dents brillent dans la lumière au sodium du lampadaire. Maintenant que le père est immobilisé, ce sera plus facile d’atteindre le garçon. Voilà plusieurs jours maintenant qu’il surveille cette famille. Au travail. À l’école. Le moment est presque venu. Il hisse le sac sur son épaule. Le contenu n’est pas lourd


