CHAPITRE — POINT DE VUE : NOAM « Il est 2h13 du matin. Une heure parfaite pour faire trembler les rats. » La ville dort. Ou plutôt, elle fait semblant. Sous la surface, tout grouille. L’odeur d’humidité, de métal, et de peur flotte dans l’air comme un voile invisible que seuls les damnés sentent vraiment. Je coupe les phares de mon SUV à l’approche d’un ancien accès de maintenance, camouflé derrière un rideau de fer rouillé, sous une trémie oubliée du 3e métro. Un endroit qu’on utilisait autrefois pour planquer de la came, faire parler des traîtres, ou enterrer ce qui ne devait plus remonter. Je laisse le moteur tourner en silence. L’obscurité est totale. Juste le clapotis de l’eau. Le reste, c’est dans ma tête. Je descends sans un mot, bottes épaisses, arme dans le dos. Pas besoin


