Quelques jours plûtard, j'étais partie. J'aurais pu attendre et partir un peu plus tard mais je l'avais voulu ainsi. Londre était une nouvelle ville et j'étais prête à tout pour m'y adapter et cela, le plus tôt possible. Wythenshawe se trouvait dans le comté du grand Manchester, mais ce n'était qu'une toute petite ville avec un mode de vie assez modeste. Mais Londre, c'était la capitale et de loin, l'un des plus beaux endroits du monde selon plusieurs statistiques. J'étais dans l'obligation de m'accoutumer à ce nouveau style de vie que j'avais choisi. Je me souviens du jour où je suis partie comme si c'était hier.
Ma mère m'avait accompagné jusqu'à la gare. Elle était resta là jusqu'à ce que le train démarre. Elle pleurait mais moi, je tâchais d'être forte. Je ne sais pas si je montrai mes sentiments sur mon visage aussi vivement que je les sentis dans mon cœur. Une fois le train parti, je n'eus plus du tout la force de me retenir car elle me manquait déjà. Je me demandais sur ma route si ma mère se doutait que mes larmes ont coulé. J'étais certe triste mais mes promesses et l'envie d'avancer m'exigeaient de faire preuve de courage. Seulement croire en vie et tout ce qui m'était promis, me poussait à me demander comment j'y arriverai. Et là, alors que le train s'éloignait un peu plus, je faisais des efforts surhumains pour ne pas me retourner. À mon arrivée à Londre, j'étais toute perdue. Et tel un poisson hors de l'eau, je suffoquais, du moins, c'est ce que je ressentis. Alors que le doute m'envahissait, mes yeux se remplissaient de plus en plus de larmes. J'étais telle une enfant perdu, loin, très loin de sa mère, de la terre qu'elle avait toujours connue. Je pris tout d'abord place sur l'un de bancs car j'avais clairement besoin de respirer un coup et de réaliser que je l'avais enfin fait, j'avais enfin quitté Wythenshawe. Londre, jamais encore je n'étais venue dans cette ville, même pas pour y visiter une université. J'aurais pu y aller juste pour m'imprégner des lieux et revenir plutard mais je ne l'avais pas fait car j'étais celle qui l'avait voulu ainsi. Il y avait un taxi qui était censé venir me chercher à la gare mais j'étais assise là et j'avais complétement oublié cela. Je ne m'en suis souvenue que quelques instants plûtard et le pauvre monsieur pendant ce temps, gardit la foi et m'attendit avec impatience. Je n'eus aucune peine à le retrouver car il tenait en main une plaque avec écrit dessus "Marvel Coleman". Il ne lui avait pas échappé que j'avais pleurer car j'étais toute rose et mes yeux brillaient. Il me traita avec beaucoup d'égard mais n'osa pas me poser de questions. C'était vraiment un gentleman car il avait compris en me regardant que je n'étais pas très expressive. Je n'avais effectivement envie de parler de ce que je ressentais à qui que ce soit. Je voulais juste ruminer ma douleur toute seule. Et même dans le taxi de ce cher monsieur Seecombe, je ne pouvais m'empêcher de pleurer, je me sentais vraiment mal, mal comme jamais. Mais c'était un mal pour un bien car il fallait bien passer par là pour se trouver. J'étais en quête de ma personne et je savais bien tout ce que ce départ impliquait. Mes débuts à Londre ne furent pas très facile car j'avais pris du temps à prendre mes marques. J'étais arrivée quelques semaines avant ma colocataire, en fait, j'étais censée partager mon appartement avec une jeune fille avec qui nous nous partagions les frais de loyer. Cette situation était très commune pour des étudiants. Je ne la connaissais pas et je ne pouvais qu'espérer que toutes les deux, nous nous entendions bien. Mes premiers jours furent très éprouvant car croyez le ou non, Wythenshawe me manquait énormément. Moi qui avait toujours souhaité partir de cette ville, j'y pensai tout le temps une fois partie. Wythenshawe était une ville assez simplette où il faisait bon vivre pour des personnes normales mais Londre était différent, plus effrayant que je n'aurais pu l'imaginer auparavant. Il y avait de grands immeubles un peu de partout, des bruits en permanence et des personnes, encore des personnes et toujours des personnes. Je détestais tout ce qui sortait de l'ordinaire mais malheureusement, tout ce que je trouvai à Londre était ainsi fait. Hors mis tout cela, la vie y était vraiment chère. Les choses n'y avaient pas les mêmes prix qu'à Wythenshawe. Il m'arrivait même des fois de me demander comment est ce que toutes ces personnes réussissaient à vivre dans un endroit aussi bruyant que celui ci. Dans cette ville, il n'y avait pas assez de personnes comme moi, des personnes au mode de vie simple. On pouvait y voir des jeunes rouler dans de belles voitures de sports très chères, dîner dans de grands restaurants. Tout était vraiment très différent de ce que j'avais connu toute ma vie durant. Et quand venait la nuit, je pleurais et je m'avouais à moi même que je regrettais très fort ma décision de venir dans cet endroit. J'avais déjà fait deux semaines et quelques jours et voici, arriva ce fameux où ma colocataire me rejoignit. Jamais je n'oublierais ce jour car ce fut le jour où j'ai fait l'une des plus belles rencontres de ma vie. Alors que j'étais dans le salon, mes écouteurs aux oreilles et un livre en main, voilà, quelqu'un sonna. Je savais bien que c'était ma colocataire car elle m'avait prévenue de son arrivée. Nous ne nous connaissions pas et donc, je fut très anxieuses à l'idée de savoir qu'elle se trouvait de l'autre côté de la porte. J'avais passé beaucoup de temps à m'imaginer à quoi elle ressemblerait et aussi à sa personnalité. Mais plus que tout, je croisais les doigts pour que toutes les deux, nous nous entendions bien. Je me levai donc afin de lui ouvrir. En ouvrant, je fut très surprise de l'apparence de la personne en face de moi. C'était une grande rousse aux yeux bleus et à la peau chaude. Son style vestimentaire se rapprochait assez du mien, jeans plus baskets, le duo de choc. On s'aima au premier regard. En la voyant, je lui souris et elle fis de même, c'était comme si nos âmes s'étaient connectées l'une à l'autre. Les jours passaient et je me rendais compte que je m'étais trompée sur son style vestimentaire, le jeans et les baskets du premier jour lui avaient juste servi à se sentir confortable durant son voyage. Jane était très élégante dans l'ensemble, elle avait bon goût en matière de vêtements. C'était une fille tendance et élégante, voilà comment elle définissait son style à elle. Jane Garfield était une belle personne aux multiples facettes. Elle savait se montrer à la fois sensible, fragile et forte, un vrai complexe à elle toute seule. Nous nous étions tellement familiarisées que je l'appelais Jany et elle m'appelait toujours Marvel car elle trouvait mon prénom jolie comme il était. À l'appartement, tout se passait bien entre Jany et moi. Nous étions toutes les deux très ordonnées, ce qui rendait notre cohabitation encore meilleure. J'adorais cuisiner et je le faisais de temps en temps mais il arrivait des fois où nous commandions des pizza ou alors, nous sortions manger. Le temps passa et voici, c'était la rentrée universitaire. Nous étions toutes les deux dans la même université mais ne fasions pas la même filière. J'avais choisi architecture et elle le droit. Nos horaires de cours étaient très différentes mais nous faisions néanmoins l'effort de suivre chacune le planning de l'autre. Je me sentais tellement bien avec Jany que je n'avais plus du tout envie de retourner à Wythenshawe, elle avait comblé le vide que je ressentais depuis mon arrivée. Dans mes débuts dans la ville, j'appelais Haley et ma mère plusieurs fois par semaine mais le rythme changea avec le temps, je ne les appelais plus aussi souvent. Il est bien vrai que Jany et moi recevions chaque mois, de l'argent de nos parents mais il faut dire que ce n'était pas suffisant du tout. La vie à Londre était très chère et nous ne pouvions plus nous contenter juste de ce que nous envoyaient nos parents. Un soir, alors que nous faisions nos comptes pour la semaines qui suivrait, Jany eut une idée.
- La vie devient de plus en difficile n'est ce pas! me dit Jany.
- Tu fais peu de le dire, répondis je, qu'allons nous faire car à cette allure, nous n'aurons même plus de quoi nous acheter à manger.
- Et si, nous trouvions du travail ! dit elle de suite.
C'était là une bonne idée ou du moins, une solution radicale à notre situation un peu serrée.
- Bien pensé ! dis-je, nous trouverons chacune du travail et du coup, quand nous serons payées, nous injecterons l'argent dans la gestion de l'appartement et tout le reste.
- Où trouver du travail alors! Et plus important que tout il faut que le boulot de chacune n'impacte en rien avec nos études, dit Jany.
Trouver du travail était une idée de génie car la plupart des étudiants le faisait. Au bout de quelques instants, je me rendis compte que je m'étais enthousiasmée assez rapidement car jamais de ma vie je n'avais essayé de trouver du travail. Ma mère était celle qui gérait tous les comptes de la maison et moi, je m'en occupais juste. Jamais je n'avais eu besoin de trouver du travail jusqu'à ce jour.
- Ça sera la première fois que je travaillerai du coup, je pense que le challenge pour moi sera de ne pas sombrer entre l'école et le boulot, dis je.
- Ne t'en fais pas, j'ai eu mon premier boulot à quatorze ans, tu verras, tu très t'habitueras rapidement. Voilà pourquoi je propose que nous sortions demain pour chercher du travail puisque c'est dimanche.
C'était très gentil de la part de Jany de bien vouloir m'accompagner dans cette nouvelle étape.
- Je suis de ton avis. Merci encore de me tenir la main dans cette nouvelle étape.
- Il n'y a pas de quoi Marvel, désormais, nous sommes sœurs et donc, une pour toute et toute pour une.
- Une pour toute et toute pour une.
Notre décision était toute prise et nous étions prêtes même si nous n'en avions pas l'air. Toutefois, j'avais pris la décision de ne pas en parler à ma mère. Je voulais me dépouiller toute seule sur ce coup. Je n'avais pas donné les raisons réelles de ma décision à Jany et je lui avais menti. Ça n'avait pas été aisé de le faire mais qu'aurais-je pu faire d'autre, je n'avais pas trouvé le courage de lui dire que je ne voulais pas que ma mère m'envoie plus d'argent car je trouvais que son argent était sale. Je ne pouvais pas dire à Jany que ma mère était proxénète et que nous vivions de cet argent. Je lui dit simplement que je n'avais juste pas envie que ma mère dépense d'avantage pour moi car son salaire ne lui permettrait pas. Ce mensonge était plausible et Jany y avait cru. Et donc ce samedi là, je m'endormis en me disant que le lendemain serait un jour très important pour moi. J'étais certaine que je trouverais mon premier boulot ce jour là. J'étais tellement enthousiaste que sur le coup, je ne pensai pas au genre de job que je voudrais faire ou que je pouvais faire. Ces deux questions étaient néanmoins très importantes. J'avais de plus en plus sommeil et je finis par me dire que j'en parlerais demain avec Jany car il était évident qu'elle s'y connaissait mieux que moi. C'est donc sur ces pensées que je m'endormis. La journée avait été très difficile et le fait de penser à nos comptes qui étaient mal en point m'avait donné une migraine, mais rien de bien grave. Jany s'était endormie longtemps avant moi. Je restai éveillée jusqu'à ce que sans m'en rendre compte, je me laissai voler par un doux sommeil qui me berça.