I

920 Mots

I Les enfants se réveillèrent. Ce fut d’abord la petite. Un réveil d’enfants, c’est une ouverture de fleurs ; il semble qu’un parfum sorte de ces fraîches âmes. Georgette, celle de vingt mois, la dernière née des trois, qui tétait encore en mai, souleva sa petite tête, se dressa sur son séant, regarda ses pieds, et se mit à jaser. Un rayon du matin était sur son berceau ; il eût été difficile de dire quel était le plus rose, du pied de Georgette ou de l’aurore. Les deux autres dormaient encore ; c’est plus lourd, les hommes ; Georgette, gaie et calme, jasait. René-Jean était brun, Gros-Alain était châtain, Georgette était blonde. Ces nuances des cheveux, d’accord dans l’enfance avec l’âge, peuvent changer plus tard. René-Jean avait l’air d’un petit Hercule ; il dormait sur le ventre

Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER