III – BOURDONNEMENT DE PAYSANS Michelle Fléchard était mêlée à la foule. Elle n’avait rien écouté, mais ce qu’on n’écoute pas, on l’entend. Elle avait entendu ce mot, la Tourgue. Elle dressait la tête. — Hein ? répéta-t-elle, la Tourgue ? On la regarda. Elle avait l’air égaré. Elle était en haillons. Des voix murmurèrent : — Ça a l’air d’une brigande. Une paysanne qui portait des galettes de sarrasin dans un panier s’approcha et lui dit tout bas : — Taisez-vous. Michelle Fléchard considéra cette femme avec stupeur. De nouveau, elle ne comprenait plus. Ce nom, la Tourgue, avait passé comme un éclair, et la nuit se refaisait. Est-ce qu’elle n’avait pas le droit de s’informer ? Qu’est-ce qu’on avait donc à la regarder ainsi ? Cependant le tambour avait battu un dernier ban, l’afficheur


