Épisode 4

3210 Mots
CLAIRE Madame Vanessa est venue me provoquer au magasin ; n’eut été les vendeuses, Dieu seul sait ce qu’elle avait l’intention de me faire ; elle a commencé à me rouer de coups ; elle m’a même porté un coup dans le ventre! Elle a de la chance que je sois enceinte ; autrement , j’allais tellement la rosser qu’elle le raconterait plus tard à ses petits-enfants. Je vais lui montrer que j’ai grandi au village et que j’ai été élevée à l’air libre ; je sais, c’est normal qu’elle ait mal ! Mais elle n’a qu’à gérer avec son mari et me laisser en dehors ! A son départ, les vendeuses appellent immédiatement la mère de Charly qui alarme son fils. Il débarque dans les minutes qui suivent. Il me rassure et me demande de me calmer. Nous étions là quand Adjokè a surgi. Nous n’avons pas pu discuter. Elle a dû s’en aller. Charly m’emmène à l’hôpital pour s’assurer que tout va bien puis me ramène à la maison en m’ordonnant de ne plus en sortir jusqu’à ce que les dispositions nécessaires pour ma protection soient prises. Il a donné des consignes fermes au gardien de ne pas laisser entrer Vanessa jusqu’à nouvel ordre. Une fois à la maison, je m’allonge pour dormir afin de me remettre de mes émotions. J’ai longtemps dormi. A mon réveil, la mère de Charly était là. Maman Charly (compatissante) : ma chérie, ça va ? Moi (étonnée) : vous ici ? N’êtes-vous pas censée rentrer le week-end ? Maman Charly : après que nous ayons parlé au téléphone, je suis partie immédiatement ; Moi : mais comment avez-vous fait ? Maman Charly : je n’ai pas voulu attendre que le chauffeur vienne ; c’était trop long pour moi ; j’ai pris le bus ; Moi : oh ! Je suis désolée de vous avoir contraint à cela ! Maman Charly : les gens qui prennent le bus sont des êtres humains comme nous ; je ne suis pas gênée pour cela ; l’essentiel est que j’arrive saine et sauve ; cette insolente de Vanessa va m’entendre cette fois ! Et Charly, lui, je l’attends de pied ferme ! Au même moment, depuis le salon, nous entendons le bruit de la voiture de Charly. Maman Charly : il est là ; nous serons dans le jardin ; toi, essaie de manger ; surtout, apaise ton esprit ; je vais m’arranger pour que cette furie n’ait plus accès à toi. Tu n’auras plus rien à craindre. Après ces propos, elle sort du salon pour aller discuter avec son fils. CHARLY Ma mère est très en colère ; dès qu’elle m’aperçoit, elle me fait signe de la suivre dans le jardin. Dès qu’on y arrive, elle explose : Maman (furieuse) : qu’est-ce tu as fait Charly ? N’avais-tu pas dit que tu l’informerais à ton retour ? Moi : mais c’est ce que tu voulais maman ; que je ne traîne plus ; Maman : oui mais, pourquoi le faire en mon absence ? Tu sais bien que ta femme est violente ! Moi : ce sont les circonstances qui me l’ont imposé ; mais jamais, je n’ai imaginé qu’elle pourrait s’en prendre à Claire de cette façon ! Maman : de quelles circonstances parles-tu ? Moi : elle s’était rendue chez toi pour parler avec toi ; Maman (surprise) : chez moi ? M’a-t-elle vu en rêve ? Moi : je n’en sais rien ; mais quand elle est venue, elle y a vu Claire ; elle était étonnée ; lorsque je suis rentré le soir, elle m’a posé des questions ; j’en ai profité pour tout lui dire ; Maman : elle n’avait pas à venir frapper Claire ! Ça, je ne l’admets pas ! Moi : elle dit ne l’avoir pas frappé mais insulté ; Maman : et tu la crois ? Pourquoi est-ce que les vendeuses et Claire mentiraient ? Ecoute-moi bien ; parle à ta panthère ; si je la revois encore ici dans le but de provoquer la petite, elle me sentira passer ; et si elle veut me voir, qu’elle m’appelle et me prévienne de sa visite ; passe-lui le message ; quant à toi, puisque tu sais que tu lui as tout avoué, tu devais prendre les dispositions pour protéger Claire ; quelle irresponsabilité ! Moi : maman, je sais que tu es fâchée ; mais calme-toi ; discutons sans colère ; il s’agit-là de protéger Claire ; je voyage dans cinq jours ; je ne suis plus tranquille ; Vanessa m’a rassuré ne plus la provoquer mais je ne lui fais pas confiance ; Maman : que proposes-tu ? Moi : pourquoi ne l’enverrait-on pas chez Eulalie au Cameroun ? Elle y restera jusqu’à l’accouchement ; Maman : c’est une bonne idée ; mais Eulalie est au travail en journée ; de plus, elle va bientôt prendre un congé pour venir ici dans le cadre de sa dot ; le mariage suivra sans tarder puis elle ira en lune de miel ; au retour, elle emménagera chez son mari ; nous n’allons pas lui imposer la présence de Claire en début de mariage ! Son mari ne s’y opposera pas mais ce ne serait pas bienséant de notre part ; je propose plutôt qu’elle aille en France ; au moins, nous avons une maison là-bas ; je resterai avec elle ; et lorsque je serai au pays pour la dot de ta sœur, au moins, toi, tu seras là avec elle ; et si d’aventure, personne n’était avec elle, en cas de soucis, il suffit qu’elle appelle le numéro d’appel d’urgence et elle sera prise en charge ; d’ailleurs, je m’arrangerai toujours à ce qu’elle ne soit pas seule ; Moi : on pourrait lui prendre un garde du corps ici ! Ainsi, Vanessa ne pourra pas l’approcher ! Maman : ça se voit que tu ne connais pas ta femme ; ici, c’est le bled pas l’occident ; tant que Claire est dans ce pays, ta femme s’arrangera pour l’avoir à l’œil ; je ne veux prendre aucun risque, ni pour elle, ni pour le bébé ; je pense que la faire sortir du pays, c’est la meilleure solution ; Moi : lui demander le visa pourrait prendre du temps ! Rien ne garantit d’ailleurs qu’il lui sera accordé ; Maman : si tout est en règle, elle aura son visa ; d’ici deux semaines ; d’ailleurs, tu as plein de relations ; mets-les en jeu ; Moi : les Ambassades et les consulats des pays étrangers sont souverains ; personne ne peut les influencer quant à la décision à rendre pour une demande de visa ; Maman : ces Ambassades et consulats, de même que leur personnel ont tous des comptes bancaires chez vous ; tu les connais bien et tu traites avec eux tout le temps ; je sais que tu peux intervenir en cas de soucis ; dis plutôt que tu ne veux pas qu’elle vienne en France par peur de ta femme ! Moi : peur ? Moi ? Tu plaisantes maman ; je me demande juste si c’est une bonne idée, c’est tout ; Maman : vas-y et nous te rejoindrons là-bas ; maintenant si ta femme l’apprend, qu’elle me traite de sorcière ou de tous les noms ; j’assume. N’importe quoi ; qu’elle touche encore à un cheveu de Claire et elle verra de quel bois je me chauffe ! Ton feu père également avait déconné ; jamais, je ne suis allée porter main sur l’autre car après tout, c’est à lui que j’avais affaire, pas à l’autre. Je sais que ça fait mal mais je n’apprécie pas sa réaction. Et toi, tu dois savoir, que protéger la mère de ton enfant est de ta responsabilité. J’en ai fini. Ma mère me laisse dans le jardin et s’en va. Je reste là à cogiter un moment puis je décide de protéger Claire malgré tout ; je n’ai aucune confiance en Vanessa. Je ne veux pas avoir à regretter d’avoir faire preuve de légèreté : c’est la vie de Claire et de notre bébé qui est en jeu. C’est décidé : Claire ira en France. NICETTE Suite aux révélations douloureuses de la dernière fois, j’ai décidé de ne pas porter plainte contre mon faux père malgré tout. Même s’il a assassiné la femme de l’homme qui m’avait volé, je laisse Dieu le juger ; de même que ma fausse mère pour le crime involontaire commis. olympe dan. Mon seul vœu, c’est d’avoir la grâce de retrouver un jour mon père biologique même si je sais que les chances sont très minces ; GG m’a demandé de mettre ce point dans mes prières car selon lui, la prière finit toujours par emmener les choses à l’existence ; cela peut prendre assez de temps mais ça finit par arriver. Mon faux père est allé rencontrer celui de Marcos pour négocier avec lui, ma tranquillité. J’ai même rencontré Marcos et ses parents. Contrairement à ce que j’avais cru, notre entretien a été paisible mais je ne lui ai rien dit sur mes nouvelles origines. Je me suis contentée de m’excuser pour avoir agi ainsi mais je n’avais pas eu d’autre idée en ce moment. Mon ex-patron a accepté de me reprendre au boulot à cause de mes compétences. Les congés de Mauricio tendent vers leur fin ; c’est sa deuxième fois au Bénin et je le lui ai fait visiter autant que je peux ; Godgiven également était de la partie. Nous sommes allés en peu de temps à Ouidah, à Ganvié et à Porto-Novo ; à Ouidah, c’était pour visiter le temple de pythons ; Mauricio et Godgiven ont fait preuve de courage en portant les serpents sur eux ; ils ne présentent pas de danger pour l'homme. A Porto-Novo, nous avons visité le Musée Honmè qui fut jadis, le Palais du Roi Toffa, le premier à avoir signé un Traité de Protectorat avec les Français, pour se protéger des attaques de son rival d’Abomey, le Roi Béhanzin. Nous avons terminé ce périple par la Cité lacustre de Ganvié où le Guide touristique, Jonas, s’est fait un plaisir de nous faire visiter la "Venise de l'Afrique", qui regroupe quelques milliers de cases en bois construites sur des pilotis. C’est aujourd'hui la plus importante cité lacustre de l'Afrique de l'Ouest ; qui fait un tour au Bénin doit voir ça ; et qui y vit doit l’avoir vu. La veille du jour censé être celui de notre départ, j’annonce à Mauricio que je ne retournerai plus au Cameroun. Il désapprouve : Mauricio : ta mère est à Douala ; tu ne vas quand-même pas la laisser ! Moi : mais je n’ai pas un bon job là-bas ; je viendrai la voir chaque mois ; Mauricio : et moi alors, à quelle fréquence viendras-tu me voir ? La question m’intrigue mais je comprends ce qu’il veut dire ; je souris. Moi : ce n’est pas nécessaire que je vienne te voir ; tu es un grand garçon ; tu n’as pas besoin de nounou ; Mauricio (prenant mes mains dans les siennes) : Nicette, tu me plais et je sais que je te plais également ; pourquoi ne pas essayer ? Moi (souriant) : je n’aime pas les amours à distance ; Mauricio : je vais te trouver un emploi au Cameroun ; laisse-moi juste un peu de temps ; Moi : on dirait vraiment que tu tiens à m’avoir près de toi ; Mauricio : ce n’est pas qu’on dirait ; j’y tiens ; Moi : restons en contact Mauricio ; qui va lentement va sûrement ; Mauricio : j’espère qu’il ne se passe rien avec Godgiven ; Moi : pas encore ; Mauricio : pas encore ? Qu’est-ce à dire ? Moi (riant) : es-tu jaloux ? Mauricio : j’ai l’impression que vous vous entendez merveilleusement bien ; j’en ai peur ; Moi (riant) : oublie Godgiven ; pour le moment, c’est juste un merveilleux ami ; Mauricio, vraiment, merci pour ton appui ; tu sais, j’ai une approche autre de la vie à présent ; j’ai décidé de ne plus me précipiter pour quoi que ce soit ; et puis, je suis en train de restaurer ma vie spirituelle ; j’ai besoin de temps ; je ne suis pas encore prête à aimer de nouveau ; Mauricio : je t’attendrai le temps qu’il faudra ; Moi : ne m’attends pas Mauricio ; je ne te promets rien ; Mauricio : pour être heureux, il faut éliminer deux choses : la peur d’un mal futur et le souvenir d’un mal passé ; Moi (souriant) : je m’en souviendrai. Nous nous embrassons fraternellement et je laisse Mauricio partir. Godgiven a modifié son billet d’avion pour passer encore une semaine de plus à Cotonou. VANESSA Je pense que ça, c’est une raison valable pour voir le marabout. Bien que ce soit à une centaine de kilomètres de ma ville de résidence, je me dépêche de m’y rendre. Je l’aperçois dans sa cabane comme d’habitude ; il n’a pas changé, ce vieil homme moustachu. Il me fait signe de m’asseoir. Moi : bonjour grand marabout ; Marabout (tête baissée) : que viens-tu faire ? Je t’ai dit de ne revenir me voir que pour une raison sérieuse ; Moi : marabout, rien ne va plus avec mon mari ; c’est à un tel stade que je ne peux qu’implorer votre aide ; Marabout : que se passe-t-il ? Moi (pleurant) : il a engrossé une autre femme ; pire, ma domestique ! Marabout : est-ce que tout va bien entre vous ou bien il l’a fait alors qu’il n’y avait aucun problème ? Moi : ça n’allait pas fort entre nous mais je n’ai jamais imaginé qu’il en arriverait à cette extrémité ; Marabout : pourquoi ? Que te reproche-t-il ? Moi : il trouve que je ne dois pas prendre de domestique, que je dois faire les travaux ménagers et la cuisine moi-même ; que je ne m’entends pas avec sa mère et que je lui manque de respect ; Marabout : toi aussi ! Comment ça tu ne fais pas les travaux domestiques et la cuisine ? Moi : vous m’aviez bien dit que Charly m’aimera toute la vie quoi que je fasse ! Marabout : ce que j’ai fait, c’est pour qu’il t’aime et qu’il t’épouse ; toi et non les autres femmes qui tournaient autour de lui ; mais lorsque tu as fini de le séduire et de le rendre fou de toi, ne sais-tu pas qu’une femme doit savoir tenir une maison et l’entretenir ? Qu’elle doit savoir cuisiner ? Qu’elle doit savoir prendre soin de son hygiène ? Qu’elle doit approfondir ses valeurs et se débarrasser du mieux qu’elle peut, de ses défauts ? Je ne t’ai jamais dit de ne pas bien tenir ton foyer ! Si tu es négligente, c’est normal qu’il aille voir dehors ; tu sais très bien que s’il n’avait pas été téléguidé, son choix ne se porterait pas sur toi ; j’ai tout fait pour qu’il te porte dans son cœur ; à toi de faire le reste pour que tout aille bien ; surtout que cet homme n’est pas difficile ! Moi : j’ai compris ; maintenant, aide-moi à remonter la pente et à régler ce problème définitivement ; Marabout : que veux-tu concrètement ? Moi : il faut que l’enfant de la domestique meure dans le ventre ou à la naissance ; sinon mon mariage risque d’être en péril ; je ne peux pas supporter cet affront ; si mes concurrentes l’apprenaient, elles vont se moquer de moi ! Il faut aussi que tu fasses de telle sorte que devant une autre femme, Charly ne pourra plus b****r ; Marabout : malheureusement, je fais de la magie blanche ; les sortilèges d’amour ; mais je ne tue pas les gens ; Moi : quoi ! Un marabout qui ne tue pas ? Marabout (changeant de ton) : tu es mauvaise ; comment peux-tu penser à tuer un être innocent ? Si je savais tuer, je te tuerais, là sur le champ ; sors d’ici et ne revient que pour des rituels de magie et de protection ; Moi : excusez-moi grand marabout ; c’est que je suis dépassée et je ne sais plus quoi faire ; cette jeune fille était vierge ; ce fait ne m’arrange pas ; est-ce qu’au moins vous pouvez renforcez l’amour qu’il a pour moi afin qu’il continue à m’avoir dans sa tête et dans son esprit ? Marabout : ton mari n’est pas compliqué ; tu n’as pas besoin de sortilège pour le garder ; tu en avais besoin pour qu’il porte son choix sur toi; à présent que tu as pu être sa femme, fais ton devoir et tout ira bien ; je t’avais aidé parce qu’il hésitait entre trois femmes qu’il aimait bien ; va ; comporte-toi bien et il ne divorcera pas ; accepte cet enfant comme s’il était le tien ; fais table rase du passé et sois à ses petits soins ; je peux t’assurer qu’il ne s’attachera pas à la mère de son enfant si tu agis ainsi ; car, tu as l’avantage qu’il a encore de l’amour pour toi. Femme, c’est ton attitude qui déterminera l’avenir de ton couple ; Moi : grand marabout, je n’arrive pas à concevoir ; quelle en est la cause ? Il entre dans sa chambre secrète et en ressort une vingtaine de minutes plus tard en disant : Marabout : j’ai consulté les esprits ; tu sais bien ce qui en est la cause ; la conception d’un être requiert deux êtres ; le père et la mère ; mais toi, tu as pris la décision d’ôter la vie à cet être sans l’avis du père ; tu ne l’as même pas informé ; la seule condition pour que tu puisses concevoir, c’est la confession ; Moi : quoi ! Marabout : recherche cet homme et avoue-lui ce que tu avais fait ; réclame son pardon pour l’enfant et pour l’avoir quitté alors qu’il portait tout son espoir sur toi ; Moi : il n’y a pas d’autre chose qu’on puisse faire ? Marabout : rien d’autre ; Moi : mais je ne n’ai plus de ses nouvelles ! Marabout : qui cherche trouve ; il est vivant ; il n’est pas mort ; à bientôt. Chercher Fréjus et tout lui avouer ! Jamais ! Il n’en est pas question ! le plaisir de lire pause détente. Je sors du domicile du marabout, très déçue. N’ayant pas eu gain de cause sur mon désir de détruire l’enfant adultérin, je résolus d’aller voir ailleurs ; il faut que j’en parle avec Mireine. Elle m’avait parlé entre-temps d’un marabout puissant qui avait guéri son père d’une maladie mystique. Peut-être qu’il pourra m’aider ! Je sais, nous sommes en froid, mais c’est le moment pour elle de me rendre la monnaie de ma pièce. Je l’avais aidé ; elle doit le faire aussi, surtout que mon problème est plus grave que le sien. A suivre.....
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