CHAPITRE XXIVDe la fin du gouvernement de Sancho PançaIl n’y a rien de stable en ce monde, s’écrie Cid Hamet, philosophe mahométan : les saisons se détruisent l’une l’autre ; le temps passe et se renouvelle incessamment ; le jour succède à la nuit, et les ténèbres à la lumière ; c’est un changement continuel et une révolution perpétuelle. Mais la seule vie de l’homme se ressent de cette inconstance, sans se renouveler jamais ; si ce n’est dans l’autre monde, où il n’y a plus de changement. Cette réflexion morale n’a d’autre objet que la fin du gouvernement de Sancho, qui, avec d’aussi heureux commencements, s’en alla sitôt en fumée qu’il semble que ce n’ait été qu’un songe, tant il y a peu de fondement à faire sur les présents de la fortune. Notre gouverneur étant dans son lit la septième


