Suite.. Le trajet se fait dans un silence lourd. Je conduis lentement, les mains crispées sur le volant. Elle regarde le paysage défiler, sans un mot, sans un regard vers moi. La pluie tambourine sur les vitres, rythmant nos pensées. Je la jette parfois un coup d’œil. Elle a les traits fermés, le regard lointain. Je ne sais pas si elle a peur, ou si elle s’est simplement vidée de toute émotion. Quand nous quittons la ville, le silence devient presque insupportable. -Tu peux encore changer d’avis, dis-je doucement. -Non. Sa réponse est immédiate, froide. Je n’insiste plus. **************** Nous arrivons dans une zone isolée, à une quarantaine de minutes de la maison. Une vieille ferme réaménagée, perdue entre les collines. C’est là qu’il est. Loin des yeux, loin du bruit du


