Point de vue: Don Ernesto Le silence s’étire comme une corde autour de mon cou. J’ai cru m’y être habitué, mais ce soir il me pèse différemment. Il n’est plus seulement absence de sons, il est présence. Une présence étouffante qui m’écrase contre les murs humides de cette cellule. Le silence me parle. Et je commence à l’entendre. Je reste recroquevillé sur le sol, mon short collé à ma peau sale, mes genoux pointus serrés contre ma poitrine. Mes doigts tremblent. Je voudrais croire que c’est à cause du froid, mais je sais que non. Ce tremblement, c’est autre chose. C’est comme si mes nerfs eux-mêmes criaient, incapables de supporter davantage. Je ferme les yeux. Un instant, je vois Caleb. Pas l’homme qu’il est devenu, mais l’enfant qu’il était. Ses cheveux noirs en bataille, ses yeux brû


