Point de vue: Caleb Depuis hier soir, la maison est plongée dans un silence étouffant. Pas celui du repos, ni celui de la paix retrouvée. Non. C’est un silence tranchant, celui qu’on sent jusque dans la peau, qui s’insinue dans les murs et dans le cœur. Un silence où chaque respiration devient un rappel de la douleur. Bella ne m’a presque pas adressé un mot depuis l’instant où je lui ai dit la vérité. Depuis que je lui ai murmuré ces mots que je n’aurais jamais voulu prononcer : « Tu ne pourras plus jamais être mère. » Elle s’est recroquevillée dans sa chambre, sans un cri, sans une plainte. Mais son regard — ce regard éteint et plein d’orage — me poursuit à chaque instant. Je la connais trop bien pour croire qu’elle dort. Elle pense, elle rumine. Elle saigne en silence. Je l’e


