Henry et ses onze mille amantesHenry passa un long moment sous la douche. Puis il s’assit devant son ordinateur, fit craquer ses doigts, ferma les yeux pour obtenir forces et inspiration. Il savait qu’au bout de ses doigts un grand roman palpitait, le roman, le premier roman de l'œuvre majeure, mais il ne parvenait pas à l’apercevoir. Il lui manquait une amorce, un puissant début, la fin aussi lui semblait quelque peu nébuleuse, un peu compliquée ; et au milieu il butait sur de nombreux problèmes non résolus, des lacunes, des personnages sans visage, des visages sans personnage. L'œuvre, j'ai besoin de l'œuvre, viens à moi, œuvre, étreins-moi, je suis à toi, prends-moi, je m'abandonne dès que tu te manifesteras. Henry frappa la table de ses deux mains, inspira, expira. Ne pas capituler, ne


