Chapitre 7

1811 Mots
- Salut. Je me retournais alors en haussant un sourcil vers Ken, mal alaise. - Salut. Je me retournais de nouveau pour ouvrir le frigo de mon appartement qui était complètement vide, et je n'avais pas la foi d'aller faire les courses chez l'épicier du coin ouvert jusqu'à pas d'heure. - Tu veux pas sortir dehors ? Il me demandait toujours mal alaise alors que je regardais l'heure sur mon téléphone pour voir qu'il était une heure du matin. - On s'connait ? Je répondais simplement m'abaissant pour atteindre le réfrigérateur, cherchant un truc à manger. - Écoutes, si c'est à cause de la dernière fois chez Mo'... - C'est rien... j'ai capté un peu comment etait ta meuf, je comprends mieux. Je ne trouvais rien alors je commençais à chercher dans les placards, mais toujours rien. J'allais tuer Merida. - Ouais, elle est spéciale... mais du coup tu veux pas sortir ? - T'sais quoi, on va aller chez macdo là, j'ai trop faim. Je disais en sortant de la cuisine pour retrouver Deen et Jay sur le canapé. - On va au Domac, vous voulez quelque chose ? Je leur demandais alors qu'ils étaient concentrés sur leur émission policière. - Ramènes moi un macflurry s'il te plaît. Jay me demandait en piochant dans le paquet de chips sur la petite table du salon. - Et toi Deen ? - J'ai pas faim, mais merci. Il répondait toujours en fixant la télé et Ken arriva derrière moi alors que je prenais mon téléphone et les clés. Je lui faisais un signe de la main pour qu'il se dépêche avant que je ne ferme la porte le temps qu'il appelle l'ascenseur qui nous amenait en bas en deux minutes. On commençait à marcher en silence et cette fois ci c'était un silence gênant. - Tu m'en veux ? - Non. Je répondais tranquillement en marchant plus vite pour accélérer le pas en pensant à mon bigmac qui m'attendait. - Ouais, tu m'en veux. Je roulais mes yeux. - Nan, je t'en veux pas, j'suis pas rancunière à ce point t'sais. Un sourire apparu sur mes lèvres, j'étais super rancunière. - En plus, elle est cool ta meuf. Je finissais par dire en décélérant la cadence. - C'est pas ma meuf. - Bah on dirait pas si c'est pas le cas. Je me moquais de lui en roulant encore une fois mes yeux et plus personne ne parlait. - C'est elle la fille dans tes albums ? Je lui demandais en tournant ma tête pour le regarder baisser sa casquette sur ses yeux. - Ouais. Il répondait doucement, il était pas bien et je voyais bien que je venais de pourrir L'ambiance même si elle était pas super déjà. - Tu l'aimes ? - Plus maintenant. - Pourquoi t'es toujours avec elle alors ? Elle semble vraiment t'aimer, juste la façon dont elle te regarde, elle te tient la main tout le temps, elle te chuchote des trucs dans l'oreille toutes les cinq secondes, vous semblez avoir plein de points communs. - C'est pas ça que j'aime moi, elle est fade, sans caractère, un peu comme la page blanche qu'il y a au début des livres, elle sert à rien et elle fait mal. Je fronçais mes sourcils. Il n'osait plus parler, et peut être que c'était un peu trop tôt pour qu'il me parle de sa relation de longue date avec sa meuf alors que ça ne faisait que trois semaines qu'on se connaissait. - Bon, t'sais quoi, on va oublier le macdo hein. - Tu veux aller où ? - Suis moi. [...] - Et voilà ! Je souriais à pleine dents devant la grande salle. - Donc toi t'as les clés d'un cinéma ? Il rigolait. - Bah, il appartient au père d'un amie à moi et parfois au lieu de bosser elle allait voir son gars alors c'était moi qui la remplaçait et du coup j'ai les clés. - Et tu veux faire quoi ici exactement ? - Regarder un film peut être. Je disais comme si c'était évident. - Personne n'est présent à cette heure ci, t'inquiètes. Je le tirais au premier étage ou le stand de nourriture traînait en plein milieu de la grande pièce qui reliait les salles de cinéma entre elles. - Bon, prends ce que tu veux, rejoins moi au quatrième étage salle 47. Il hochait sa tête et je montais les étages un par un, j'entrais dans la salle de projection en regardant quel film serait le mieux à regarder jusqu'à ce que je tombe sur « le pianiste » Je mettais tout en place en essayant de me rappeler comment éviter toutes les pubs qui allaient passer avant le film. Je voyais Ken arriver et je commençais la projection ne sachant pas comment éviter les pubs, je sortais de la petite salle en le rejoignant sur le siège à côté du sien en plein milieu de la salle. - Le pianiste. Je disais en m'installant et en prenant des pop-corn dans un des pots qu'il avait rapportés, j'espérais qu'il connaisse ce film, car c'était un de mes préférés. - Face au néant de l'être, les âmes se perdent, la nocturne se fait insoumise, résistance dans l'absurde par le doigté de la miséricorde. Il disait comme dans un murmure et je tournais mon visage vers lui avec une étincelle dans les yeux. - Au delà de l'enfermement, au delà de la barbarie, existe un langage qui réunit. La musique pour rédemption, faute d'être une solution. - Tu connais tes classiques c'est déjà ça. - Tu me prends pour qui ? Évidemment que je connais mes classiques. J'allumais une cigarette alors que les lumières s'éteignaient de plus en plus. Peut être que finalement j'avais réussis à éviter les pubs. Il souriait en se calant dans son siège et je piochais des pop-corn et commençais à tirer la gueule. - T'as quoi ? Il me demandait. - J'aime pas les pop-corn sucrés. ____________________________________________ - Réveille toi, le film est terminé. J'ouvrais les yeux, j'étais limite allongée sur le siège à côté de moi. Je me relevais en m'étirant, Ken s'était levé à son tour et j'enlevais le pop-corn qui s'était accroché à mon t-shirt. - Il est quelle heure ? Je demandais en manquant de me casser la gueule en me relevant de mon siège. - Presque quatre heure. Il regardait son téléphone et le film était fini depuis bien longtemps alors. - Super... j'suis morte là. Je récupérais mes affaires qui traînaient un peu partout évidemment avant de commencer à me diriger vers la sortie. J'avais même pas la foi de ramasser tout le bordel qu'on avait mit pendant le film. Ken me suivait alors que je chopais des bonbons dans les paquets que j'avais ramassé au sol. - On fait quoi maintenant ? Je demandais en prenant les escaliers pour descendre. - On va chez moi ? Il proposait et je haussais les épaules. On sortait du cinéma et je fermais avec précaution la porte d'entrée. On était en face des quais de la Loire et personne ne traînait dehors à cette heure ci, j'aimais ça. Seul le vent froid qui soufflait légèrement se faisait entendre ainsi que nos pas sur les dalles. - « Non mais je vais pas m'endormir t'inquiètes. » mais oui bien sûr. Ken se moquait de moi alors que je tirais sa casquette en avant pour le faire chier. - Ta gueule, j'étais morte. Je rigolais en passant la capuche de mon sweat sur ma tête laissant quelques mèches de cheveux dépasser. - Je bosse demain... j'ai vraiment pas la foi. Je me plaignais en baillant alors que Ken sortait une cigarette de son paquet, je sortais mon feu en voyant qu'il cherchait le sien sans le trouver. - N'y vas pas au pire... prétends être malade ou je sais pas quoi, il fait cinq degrés il te croira forcément. - J'peux pas, j'ai déjà prétendu être allée à l'enterrement de ma grand mère la semaine dernière alors qu'elle est en pleine forme. Il roulait ses yeux en se moquant toujours. - On passera te voir si tu veux avec les gars pour te tenir compagnie. - Laisse tomber, Lucas va vous faire chier et en plus c'est juste le matin que je travaille demain. - Tu passeras au Stud' après ? Il demandait et j'allumais une cigarette à mon tour. - Chaud... quelle heure ? - Vers vingt heure, on viendra te chercher en voiture si tu veux. [...] - C'est grave beau chez toi. Je posais mes affaires dans le salon en regardant un peu la décoration. Tout était blanc et noir et j'aimais beaucoup. - Merci... c'est Adèle qui a tout choisie pour la deco et tout le bordel. Je m'asseyais sur le canapé et il me rejoins quelques secondes plus tard en roulant un joint. - T'as un piano ? Je me levais alors qu'il collait les bouts de la feuille entre eux. - Tu sais jouer ? Je lui demandais alors qui se calait dans le canapé en allumant le bedo. - Vite fait. - J'peux ? Il hocha sa tête et je m'asseyais sur le petit siège en face de l'instrument. Je tapais quelques notes en essayant de me rappeler de mon morceau préféré. - J'ai un xylophone aussi si tu veux. Il se moquait encore et je roulais mes yeux. Mes doigts commençaient alors à parcourir le piano et la mélodie se faisait entendre et commençait à prendre forme et j'y prenais un plaisir fou. J'oubliais en l'espace d'un instant que j'étais chez Ken, qu'il était presque cinq heure du matin, que je bossais dans quelques heures, et que je ne savais pas exactement ce que je faisais là avec lui. Je fermais les yeux quelques secondes me laissant me bercer par la mélodie, j'étais un peu comme envoûtée par cette musique qui était l'une de mes préférée. Je posais mon doigt sur la dernière touche qui fit sonner la dernière note. Je me retournais vers Nek qui s'était relevé du canapé, la bouche un peu entre ouverte. - Wow. C'était le seul mot qui était sorti de celle-ci. - Ouais, je sais... c'est une chanson d'amour, ma mère me l'avait apprise. Je me relevais en fermant le piano pour aller m'installer dans le canapé en lui prenant le joint des mains. - J'aime pas les chansons d'amour. Je haussais les épaules, je n'aimais pas forcément ça non plus. Je tirais sur le bedo laissant alors là fumer envahir mes poumons avant de la laisser sortir par le nez. Le silence était alors revenu et seul le bruit de la rue se faisait entendre. Je tournais mon visage vers Ken qui semblait perdu mais qui avait les yeux fixé sur moi. - T'es qui exactement ? - Billie... juste, Billie.
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