XXXIVVers trois heures du matin, quand le salon fut vide, j’étais encore au piano, jouant je ne sais quels airs insensés, accompagnés dans le lointain par la upa-upa qui râlait au-dehors. J’étais, seul avec la vieille reine, qui était restée pensive et immobile dans son grand fauteuil doré. – Elle avait l’air d’une idole incorrecte et sombre, parée avec un luxe encore sauvage. Le salon de Pomaré avait cet aspect triste des fins de bal : un grand désordre, une grande salle vide ; des bougies s’éteignant dans les torchères, tourmentées par le vent de la nuit. La reine se leva péniblement, dans les plis de sa robe de velours cramoisi. – Elle vit Rarahu qui se tenait près de la porte, debout et silencieuse. – Elle comprit et lui fit signe d’entrer. Rarahu entra… timide, les yeux baissés, e


