VI26 novembre 1873. En mer. – Nous avons passé hier par un grand vent au milieu des îles Pomotous. La brise tropicale souffle avec force, le ciel est nuageux. À midi, la terre (Tahiti) par babord devant. C’est John qui l’a vue le premier ; une forme indécise au milieu des nuages : la pointe de Faaa. Quelques minutes plus tard, les pics de Moorea se dessinent par tribord, au-dessus d’une panne transparente. Les poissons volants se lèvent par centaines. L’île délicieuse est là tout près… Impression singulière, qui ne peut se traduire… Cependant la brise apporte déjà les parfums tahitiens, des bouffées d’orangers et de gardénias en fleurs. Une masse énorme de nuages pèse sur toute l’île. On commence à distinguer sous ce rideau sombre la verdure et les cocotiers. Les montagnes défilent


