Les minutes s’égrènent, elles se transforment en heures qui passent elles aussi. Assise devant chez Luc, je ne sais plus depuis combien de temps, j’attends Gunter. Cela fait des semaines que je l’évite volontairement, mais, ce soir, je me sens prête, prête à le revoir, à affronter les conséquences de mon absence, de mes aveux. J’avais besoin de m’éloigner pour mieux revenir, d’entamer une thérapie à mon tour pour mettre un terme à la t*****e que je m’infligeais inconsciemment, de prendre conscience que j’ai, moi aussi, le droit à l’amour. Parce que je n’osais pas me l’avouer, mais cet amour, ce sentiment, j’en ai peur. Tout comme Gunter, je ne me sens pas le droit d’être aimée, et je crois que ma relation naissante avec lui n’a fait qu’amplifier cette impression. Plus je me


