Mais le guide ne nous laissa pas le loisir de reposer. Depuis un moment, une odeur infecte ressemblant beaucoup à l’odeur du pont d’un négrier s’était répandue autour de nous. C’était l’indice certain que nous étions dans le voisinage d’un serpent boa. Le lieutenant, averti par le guide, nous éveilla l’un après l’autre eu silence, et à peine le dernier était-il éveillé, que l’on entendit craquer des branches et, à quarante pas de nous, on vit le monstre ramper à notre rencontre. Sa tête plate s’élevait à six pieds du sol et, à l’ondulation des broussailles, on devinait la longueur et la grosseur de son corps qui disparaissait dans les hautes herbes. Le boa, en nous apercevant, s’arrêta net, cinq ou six coups de fusil retentirent à la fois. Des craquements affreux produits par les arbustes


