Le Havre. 4 mai 1945, 19h

1035 Mots

Le Havre 4 mai 1945, 19h Les frayeurs d’un coureur de juponsAlbert Fronsac s’installa confortablement dans son fauteuil. Il déploya ses orteils avec délectation avant de les tremper au fond d’une bassine d’eau à quinze degrés dans laquelle il avait dissout vingt-cinq grammes de sel de mer. Après le bain, il se frictionnerait énergiquement chevilles et voûtes plantaires avec de l’alcool mentholé afin de stimuler la circulation sanguine. Tous les coureurs prennent soin de leurs pieds. Albert Fronsac ne dérogeait pas à la règle, mais lui c’était surtout comme coureur de jupons qu’il s’était forgé une solide réputation. Albert affichait une allure virile. Il laissait fièrement dépasser par l’échancrure de sa chemise toujours ouverte, une épaisse toison de poils noirs. Son visage mat aux trai

Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER