5 Un temps magnifique s’imposait ce matin-là. Il faisait déjà tiède et les premières abeilles venaient inspecter les floraisons naissantes du balcon de Philippine. Julius les regardait depuis le sien en buvant un grand verre de jus d’orange. Dans l’avenue qui partait du rond-point près de l’immeuble, les cerisiers alignés arborant des teintes rosées semblaient plonger vers le centre-ville comme deux banderoles flottant dans un vent léger. De multiples parfums prenaient leur ampleur peu à peu et parmi eux, il reconnut malheureusement celui, âpre et fort, du goudron chaud que des cantonniers épandaient sur le parking. Il lui plaisait de se sentir libre de tout horaire, de toute pression directoriale, de toute contrainte temporelle, mais a contrario si vulnérable à une soudaine et brusque ca


