Chapitre 11 Ce jour-là, à dix heures, le cerveau encore un peu trouble, l'humeur allègre, le parfum de Siliane toujours incrusté en lui, le sang encore chauffé par les étreintes et les baisers échangés, Hubert prend son déjeuner. Il s'offre deux œufs à la coque et des toasts beurrés. Le café lui paraît aussi bon que salutaire à l'étanchement de sa soif. Il en fait un compliment à Berthe Rosaz. — C'est tout naturel, Hubert. — Mais divinement bon, complète l'écrivain. Un sourire éclaircit les yeux bleus. Ginette arrive, le regard mauvais, l’accroche-cœur agressif. — Bien dormi, mon ange ? demande Hubert. — Sûrement plus que toi, rétorque-t-elle en cherchant querelle. A l'avenir, aie la délicatesse de faire moins de bruit lorsque tu rentres si tard. — Ce n'était point tard, mais tôt.


