CCCLXe nuit « Après le discours de ces deux amis, je pris la parole, et la leur adressant également : « Seigneurs, leur dis-je, je me condamnerais à un silence perpétuel sur l’éclaircissement que vous me demandez, si je n’étais certain que la dispute que vous avez à mon occasion n’est pas capable de rompre le nœud d’amitié qui unit vos cœurs : je vais donc m’expliquer, puisque vous l’exigez de moi ; mais auparavant je vous proteste que c’est avec la même sincérité que je vous ai exposé ci-devant ce qui m’était arrivé. » « Alors je leur racontai la chose de point en point, comme votre majesté l’a entendue, sans oublier la moindre circonstance. « Mes protestations ne firent pas assez d’impression sur l’esprit de Saadi pour le guérir de sa prévention. Quand j’eus cessé de parler : « Khodja


