Elle posa ses yeux sur les miens et là elle ne put s'empêcher d'exploser en sanglots.
Je posai mon verre à côté du sien avant de me précipiter pour la prendre dans mes bras. Elle posa sa tête dans le creux de mon épaule, ses bras autour de mon cou avant de continuer à pleurer de plus belle. Je déteste sincèrement quand elle pleure, ça me fend le cœur. Je fis de mon mieux pour la calmer et mes efforts ont fini par payer au bout de quelques minutes.
Je pris son visage en coupe entre mes mains et de mes pouces, lui nettoya les larmes sur ses joues. J'éteignis le feu de la carbonara et vint m'asseoir près d'elle.
- Maintenant raconte moi, s'il-te-plaît.
Elle posa sa tête sur mon épaule en regardant devant elle et d'une voix nostalgique elle commença :
- Tu te rappelle de la dernière fois où j'étais partie en vacances ? On avait douze ans. J'étais partie chez mes grands parents à l'occasion de leur anniversaire de mariage. Pour cette occasion, toute la famille était réunie ce qui impliquait la présence de mes cousins et cousines. J'étais la seule petite fille parce que toutes mes cousines étaient déjà fiancés et mes cousins...
Il n'y en avait que deux, le plus grand avait une vingtaine d'années et était médecin et ce soir là, il était de garde. Le plus jeune avait dix-sept ans. C'est ainsi que je m'étais retrouvée seule avec mon cousin... Après le dîner, je pris mon bain et oubliant sa présence en revenant dans la chambre et par habitude, je jetai la serviette immédiatement après avoir fermé la porte. Ce n'est qu'une fois que j'avais enfilé mon pyjama que je le remarquai sur le lit superposé mais il semblait déjà endormi alors je ne m'étais pas inquiéter et je sautai sur le lit du bas et après quelques minutes je trouvai sommeil.
Je fus réveillée aux environs de deux heures du matin par une sensation bizarre, l'excitation peut-être.
Quand j'ouvris mes paupières... Il était là sur mon lit au dessus de moi et était en train de soulever mon haut. Je voulus crier mais il mit sa main sur ma bouche...
Elle serra très fort ma main comme si elle voulait la briser.
- Chaque fois c'est toujours le même cauchemar, je sens son poids qui m'étouffe, ses lèvres sur ma poitrine, ses mains baladeuses sur ma peau et ses doigts glisser dans ma culotte...
Elle s'était remise à pleurer et moi j'étais remonté à l'intérieur de moi même. Je voulais me glisser dans ce souvenir et mettre une raclée à son idiot de cousin.
- Je me sentais si impuissante et chaque jour qui passe je ne cesse d'imaginer ce qu'il serait advenue de ma virginité si son grand frère n'était pas revenu de sa garde à ce moment.
- Il n'a pas posé de questions ?
- Il lui a répondu que j'avais fait un cauchemar et qu'il était descendu me consoler. Son frère avait son lit à côté alors il vint me consoler aussi. Je fis semblant de dormir et ils retournèrent à leurs lits aussi. Je ne réussis pas à me recoucher ce soir là. Le lendemain, je voulu raconter tout cela à ma mère mais cela n'aurait fait qu'envenimer ses relations avec sa sœur qui n'étaient déjà pas bonnes. Je prétextai une nuit de cauchemar et avec mes talents de comédienne et manipulatrice, je pus convaincre mon père de me ramener à la maison le jour même.
D'une voix pleine de haine elle continua
-Depuis, j'ai horreur des baisers, des suçons, du sexe et même de l'excitation. Je refoule toujours l'excitation, ça me dégoûte.
On fût arracher à cet air nostalgique par le tintement du minuteur qui nous signalait que notre tarte était prête.
Elle redressa sa tête et je me levai pour sortir la tarte du four.
Le temps que je sorte la tarte du four et que je la démoule, CJ avait déjà mit la table, je m'étonne toujours de la vitesse à laquelle elle met la table.
Finalement, nous ne mangions même pas à table mais devant la télé car il y avait notre série qui passait.
À la fin du repas, je ne pu me retenir de lui poser la question qui me taraudais l'esprit
- Je veux pas jouer au rabat-joie ni remuer le couteau dans la plaie mais vu que tu as horreur de tout ça, tu ne vas donc jamais... Tu sais très bien que Dante ne se contentera pas que de simples baisers, il en voudra plus, même s'il ne s'agira pas de coucher avec toi, du moins pour l'instant.
- Je sais Xander... C'est pourquoi j'ai un énorme service à te demander.
- Tout ce que tu voudras CJ.
- ... Te souviens-tu du jour où j'étais revenu de ces vacances ? Je ne voulais pas te voir et ce durant trois jours d'affilés
- Je m'en souviens. Tu prétendais avoir la gripe aviaire. lol
- Eh bien, le fait est qu'après cet épisode, j'avais horreur des contacts avec les garçons et te connaissant, tu voudrais me faire un câlin dès que tu me verrais.
- Je t'ai évidemment fait un câlin après que tu aies accepté de me revoir et si je me souviens bien, ce fut notre plus long câlin.
- Ouais, et j'avais pleuré aussi... Pour tout te dire, dès que je t'avais vu, j'étais prise de panique et ne voulais même pas que tu t'approche mais t'as courus vers moi et m'a serré dans tes bras. Instantanément, mon dégoût et ma peur des garçons avait totalement disparu. Tu m'avais guéri de cette phobie Xander. Et tu en as fait de même pour ma phobie des baisers. C'est pour cela que j'ai un énorme service à te demander.
- Tout ce que tu voudras CJ. Je suis là pour toi et je le serai toujours.
- Je comprendrais si tu refusais Xander...
- T'es sourde ou quoi? Demande moi tout ce que tu voudras. Ma réponse est déjà affirmative.
- Je voudrais... Enfin... Je voudrais que tu me guérisse de mes autres phobies à n'importe quel prix, quitte à prendre ma virginité.
WHAT??????