chapitre 2: premiers frissons, premiers doutes

682 Mots
La pluie continuait de tomber doucement sur les toits de Paris, et Élise, encore trempée aux manches, suivait Adrien en silence. La promenade était étrange : côte à côte, mais chacun semblant garder ses barrières invisibles. « Vous ne parlez pas beaucoup, » observa-t-il après quelques minutes, un sourire amusé dans la voix. Élise secoua la tête, légèrement embarrassée. « Je… je préfère écouter. » Adrien hocha la tête, comme si sa réponse était attendue. Il avait ce don étrange de faire sentir à quelqu’un qu’il la comprenait sans avoir besoin de mots. Élise sentit une chaleur familière monter dans sa poitrine, rapidement remplacée par un frisson de panique. « Non… je ne devrais pas ressentir ça. » murmura-t-elle pour elle-même. Ils passèrent devant une librairie charmante, vitrine décorée de livres anciens et de petites lumières dorées. Adrien s’arrêta soudain et désigna un roman à moitié ouvert sur un présentoir. « Vous aimez lire ? » demanda-t-il. Élise sourit malgré elle. « Oui… surtout des histoires qui font rêver ou qui bouleversent le cœur. » « Alors vous êtes exactement comme moi. » Il fit un pas plus près, si près qu’Élise sentit son parfum subtilement boisé et réconfortant. Leurs regards se croisèrent. Une tension palpable flottait entre eux, silencieuse mais insistante. Élise baissa les yeux, jouant nerveusement avec la sangle de son sac. « Je… je devrais rentrer maintenant. » « Oui, bien sûr… » dit Adrien, un léger sourire aux lèvres. « Mais je suis content que le destin ait décidé de nous faire croiser aujourd’hui. » Élise sentit son cœur s’emballer. Destin… un mot qui faisait résonner quelque chose de dangereux et d’excitant à la fois. Elle secoua la tête pour se reprendre. « Peut-être… mais je préfère croire que ce n’est qu’un hasard. » Ils marchèrent encore quelques minutes avant que la conversation ne s’arrête, remplacée par un silence confortable et chargé d’électricité. Adrien s’arrêta soudain devant l’entrée d’un café plus petit, plus intime, et leva la main vers la poignée de la porte. « Je vous propose un café… ou deux. Pour discuter, simplement. » Élise hésita. Son instinct lui criait de refuser, de fuir cette attraction irrésistible et dangereuse. Mais une part d’elle, cette part qu’elle croyait endormie depuis sa dernière déception, voulait savoir ce que ce mystérieux homme avait à offrir. « D’accord… juste un café. » À l’intérieur, la chaleur les enveloppa immédiatement. Le parfum du chocolat chaud et du café torréfié les entourait comme une bulle protectrice. Ils s’assirent face à face, séparés par une petite table ronde, mais la proximité suffisait à faire battre le cœur d’Élise plus vite qu’elle ne l’aurait cru possible. Adrien la regarda attentivement, et Élise se sentit soudain nue sous son regard. « Alors… » dit-il calmement, « racontez-moi votre vie à Paris. » Elle inspira profondément, essayant de contrôler ses émotions. « Je… j’essaie juste de me reconstruire. » Il hocha la tête avec compréhension. « Je comprends… chacun a ses blessures. » Leurs mains se frôlèrent presque en atteignant leur tasse de café. Un frisson parcourut le corps d’Élise. Elle détourna les yeux, rouge de confusion et de désir mêlés. Adrien, lui, semblait étrangement amusé par cette réaction. « Vous êtes… compliquée, » murmura-t-il, un sourire en coin. Élise le regarda, perplexe. « Compliquée ? Moi ? » « Oui… et fascinante. » Elle sentit son souffle se bloquer. Elle voulait protester, mais aucun mot ne sortit. Ce simple compliment, dit avec cette intensité, faisait naître dans son cœur un mélange de peur et d’excitation. Elle savait qu’elle allait devoir se battre contre cette attraction… mais elle pressentait déjà qu’elle perdrait. Leurs regards se croisèrent une dernière fois avant qu’un serveur ne vienne prendre leur commande. Le moment fut court, mais suffisant pour graver dans leur esprit la promesse d’une histoire qui ne faisait que commencer. En sortant, la pluie avait cessé. Les rues brillaient sous les lumières de la ville, et Élise sentit une irrésistible sensation : Paris n’avait jamais été aussi vivante, et elle savait que sa vie venait de changer, pour toujours.
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