XI

2231 Mots

XI L’avocat Mazamet tenait en réclusion une belle personne du nom de Félise, – sa nièce, disait-il, – la fille d’un officier mort en Afrique ; il l’appelait sa pupille. Cette grande demoiselle, déjà fort évaporée, entrait à peine dans ses seize ans ; elle vivait sous la garde d’une horrible vieille, sa cousine, une mégère envieuse, acariâtre et méchante, affreusement louche, très irritée contre la jeunesse et la beauté. La duègne était une Mazamet, mais il lui était défendu de porter ce nom ; elle n’était connue que sous son sobriquet villageois, lou Souleou (le soleil). On l’appelait ainsi par antiphrase, à cause de sa laideur. L’avocat l’avait ramassée dans les bas-fonds de la misère ; elle était à sa dévotion. Il lui avait racheté la bastide où elle était née, mais elle ne devait entre

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