L’expression de son visage changea. Son air contrarié dis- parut et il parut un moment presque content. Une sorte de cha- leur intellectuelle, la joie du pédant qui a découvert un fait inu- tile, brilla à travers sa barbe sale et emmêlée. Vous êtes-vous jamais rendu compte, demanda-t-il, que toute l’histoire de la poésie anglaise a été déterminée par le fait que la langue anglaise manque de rimes ? Non. Cette idée particulière n’était jamais venue à Winston. Vu les circonstances, elle ne le frappa d’ailleurs pas comme par- ticulièrement importante ou intéressante. Savez-vous quelle heure il est ? demanda-t-il. Ampleforth parut de nouveau surpris. J’y ai à peine pensé, dit-il. Ils m’ont arrêté… il y a peut- être


