XXXIIHenri Majencoules a pris la décision d’emmener sa petite famille à Agnost-d’en-haut deux mois plus tôt. Une drôle d’idée dans la tête d’un gars qui n’avait plus visité son village natal depuis près de trente ans. La dernière fois, c’était à l’automne 1967, pour l’enterrement de sa mère. Il garde de ce séjour un souvenir étrange et vaguement déplaisant. La mort de sa mère, l’indifférence maladroite de son père, le triple meurtre des Stokton, Pont-Saint-Esprit, Antoine, Alida… Tout cela est devenu si flou au fil des années… Et puis, tout ce qu’il a appris sur le village depuis sa visite imbibe cette période d’une nostalgie brumeuse. En premier lieu, les disparitions l’ont marqué. Les disparitions, ou plus exactement les morts… D’abord celle de son père, décédé un an après sa mère.


