XVIIRaymond Bassurel semble dépassé par la tournure prise par les événements. L’irruption brutale des forces de l’ordre à son domicile et le court voyage jusqu’à la gendarmerie ont suffi à le tétaniser. C’est donc un vieil homme apparemment dénué de volonté qui fait face à Castagnet. Dans cette région où tous les habitants sont armés d’un fusil de chasse, voire d’un Mauser récupéré à la Libération, les forces de l’ordre savent qu’aucune interpellation ne peut être prise à la légère. Celle de Raymond Bassurel s’est avérée pourtant discrète et sans problème, ce qui a rassuré Castagnet qui ne tenait guère à ce qu’un raffut attire tous les journalistes regroupés dans la salle de l’auberge. L’homme a docilement suivi les gendarmes et prit place dans le fourgon bleu qui s’est esquivé rapidement.


