XIXLa balade dans les ruelles d’Agnost-d’en-bas ranime Henri. Les vitrines illuminées, les passants qui flânent, les bars animés, les écrans de télé qu’on devine derrière les rideaux des appartements, les cabines téléphoniques, les boulangeries, les boucheries, la gendarmerie et la poste, les filles qui gazouillent et les garçons qui jouent aux durs sur leurs cyclos lui rappellent que si les ténèbres compriment son village natal, la vie foisonne encore sur cette terre… — Je ne sais pas comment ils peuvent vivre là-haut, confie-t-il à Antoine. — Sans doute parce qu’ils y sont nés… — Mais moi aussi, j’y suis né ! Henri voudrait lui expliquer que dans la vastitude déprimante du pays d’en-haut, le seul moyen de survie est de se replier, de faire le dos rond, de tenir. Tenir pour poursuivre


