Chapitre 31

2056 Mots
Mial et Albert étaient toujours là à discuter. C'était un moment à chérir car aucun des deux jeunes gens n'avait envie de quitter l'autre. Albert venait de faire une proposition à Mial et celle-ci semblait l'avoir acceptée. Le temps passait et le soleil était sur le point de se coucher. Ils se sentaient si bien l'un avec l'autre qu'il leur était impossible d'envisager de se séparer pour le moment. Soudain, Albert s'évada en plongeant son regard sur celle qu'il aimait. Il la regardait comme jamais il n'avait regardé personne. Et ses yeux, ils étaient tellement beaux et laissaient transparaître des émotions si intenses qu'ils laissaient Mial perplexe. Elle qui avait toujours le regard vif accompagné d'une malice intrépide baissa ses yeux. Elle rougissait. - Pourquoi me regardes tu de cette manière ? Lui demanda t-elle. Albert sourit. - Je ne saurais l'expliquer car c'est plus fort que moi. Répondit il. Mial garda le silence mais la réponse d'Albert ne l'avait pas satisfaite. Albert avait demandé à Mial de l'accompagner au bal et celle ci avait dit oui, ils avaient même décidé de se mettre en couple et n'avaient plus rien de concret à se dire, mais pourtant, ils étaient toujours là à se regarder comme s'ils se voyaient pour la toute première fois. - Puis je te faire une requête ? demanda de nouveau Mial à Albert. Surprit, Albert fut curieux de savoir ce que son interlocutrice avait derrière la tête. - Évidemment. Lui répondit il. - Ne sois pas indigné par ma requête, et si tu n'es pas d'accord, ne te sens pas embarrasser de me le faire savoir. Répliqua Mial. L'atmosphère entre eux avait changé, on aurait dit qu'il y avait comme un malaise. C'était sans doute la faute à l'incertitude. - Je te promets de ne pas me sentir embarrassé. Sens toi libre de tout me dire. Rétorqua le galant jeune homme. - Embrasse moi. Albert avait bien entendu ce que venait de lui dire Mial mais il avait l'impression de divaguer. C'était tout simplement surprenant pour lui qu'elle lui fasse une telle requête sachant ce qui s'était passé la dernière fois qu'il l'a embrassé. - Pourrais tu répéter s'il te plaît. Je crains de ne pas avoir bien entendu ce que tu as dit. - Embrasse moi Albert. Répliqua de nouveau Mial. Albert n'en croyait toujours pas ses oreilles alors, il douta de sa propre lucidité. - J'espère de tout cœur que ceci n'est pas un test car je ne me pardonnerais pas si jamais je te faisais de nouveau du mal. - Je ne suis pas ce genre de personne rassures toi. Mial n'eut pas le temps de terminer sa phrase et voici, Albert lui avait donné un b****r. Ça n'avait duré qu'un court instant mais ça avait été très intense. - Je préfère ce b****r au tout premier. Déclara Mial en souriant. - Parce que tu étais consentante ? Lui demanda Albert. - Non, parce qu'il a été plus révélateur que le premier. - J'ai bien peur de ne pas te suivre. Rétorqua Albert. - Ce second b****r m'a permis de comprendre mes sentiments à ton égard. - Intéressant ! - Je viens d'un petit royaume où les traditions sont respectées scrupuleusement et où la parole d'un parent a plus de valeur que les certitudes de son enfant. Mon père épousa ma mère sans être amoureux d'elle, juste parce qu'elle était le choix de son père à lui. Mais mon père m'a dit un jour qu'il avait fallu qu'il embrasse ma mère pour qu'il comprenne les sentiments qu'il ressentait pour elle. Et donc, aujourd'hui, tout comme mon père l'a fait avec ma mère, j'ai fait pareil avec toi. Je ne suis pas du genre à enfreindre le règlement ou les traditions mais il y a bien un début à tout. Je suis amoureuse de toi Albert. - Wahou! Jamais je n'aurais cru que ça aurait été aussi facile de te l'entendre dire. Je rêve de ce moment depuis la première fois que j'ai posé mes yeux sur toi. Je suis tellement heureux de l'entendre! Mais quelque chose semblait ne pas aller car contre tout attente, Albert coula des larmes. Mial ne s'attendait pas du tout à cette réaction et elle fut confuse. Et Albert lui, se sentit gêné de s'être laissé emporter ainsi devant la demoiselle. - Je suis désolé de t'infliger un tel spectacle. C'est juste que j'aurais tellement aimé que mes parents soient là. J'aurais juste aimé qu'ils voient la merveilleuse personne dont je suis tombé amoureux. - Un jour, tu auras l'occasion de leur en parler et peut être de me les présenter. Nous sommes encore très jeune et nous aurons certainement l'occasion de parler à nos parents de nous. Je peux comprendre ce que tu ressens car je suis également très proche de mes parents et ça me brise le cœur de ne pas pouvoir leur parler de toi. Déclara Mial dans l'intention de réconforter Albert. Il était évident que Mial ne comprenait rien du tout à la réaction d'Albert. Elle se disait que c'était un garçon très sensible qui partageait certainement tout avec ses parents. - Mial, jamais je ne pourrai parler à mes parents de nous tu sais et jamais tu n'auras l'occasion de les rencontrer. - Pourquoi ? Trouves tu que notre histoire d'amour est éphémère? Car si c'est le cas, je tiens à te rappeler que tu es celui qui m'en a dissuadé. - Mial, mes parents sont tous les deux décédés il y'a de nombreuses années, alors que je n'étais encore qu'un petit garçon. Juste à entendre cette phrase, le sang de Mial se glaça à l'intérieur d'elle. De son point de vue, c'était tout simplement inconcevable de vivre sans ses parents. Elle se rendit compte qu'elle avait mal jugé Albert dès le départ. Sous ses airs de garçons très sûr de lui, jamais elle n'aurait pu imaginer qu'il gardait une telle douleur. - Je suis désolée, je n'en savais rien. Je te présente mes sincères condoléances pour tes parents. - Ce n'est pas la peine car leur décès n'est plus qu'un vieux souvenir. Albert avait eu beau faire l'insensible mais Mial s'en voulait car elle pensait l'avoir blessé. Ça avait été très maladroit de sa part. En même temps, tout le monde était au courant de cette histoire à l'exception de quelques uns. - Ne fais pas cette tête voyons! tu ne m'as pas du tout blessé en me parlant de mes parents. - Tu en es certain ? - Sûr et certain. En même temps, d'une certaine manière, tu es plus proche de ma mère que tu ne peux l'imaginer. Répliqua Albert. Mial fut très surprise d'entendre les paroles d'Albert. Elle ne comprenait pas pourquoi est ce qu'il avait dit qu'elle était proche de sa mère et pourtant, elle ne l'avait pas connu et jamais elle n'en aurait l'occasion. - Cette fois, j'ai bien peur d'être celle qui ne comprends pas de quoi tu parles. Albert sourit en voyant à quel point Mial était confuse. - Il te va très bien ce collier. Je suis très heureux de voir que tu le portes toujours. Déclara Albert. - Je sais qu'il me va très bien. Dit de suite Mia. Tout de suite après, elle eût l'impression que son interlocuteur avait changé de sujet mais elle ne comptait pas du tout laisser passer cela. Il était impératif pour elle de comprendre le sens de sa phrase de tout à l'heure. Mial était très loin d'imaginer qu'Albert n'avait pas en fait changer de sujet. C'était une manière pour lui d'aborder le sujet même. - J'ai l'impression que tu essaies de te défiler en changeant de sujet mais sache que ça ne marchera pas car j'ai vraiment envie de comprendre le sens de tes propos de tout à l'heure. - Et bien, j'ai dit que tu étais proche de ma mère car le collier que tu portes lui a appartenu. C'est là, l'objet le plus précieux que j'ai gardé d'elle. Cela émut énormément Mial. Décidément, Albert était l'être le plus surprenant qu'elle connaissait. Il lui avait offert comme cadeau d'anniversaire l'un des souvenirs de sa mère disparue. En y réfléchissant bien quelques secondes, elle prit cela pour de la folie. - Mais pourquoi m'avoir donné un objet qui a une si grande valeur pour toi? - Je sais bien que tu trouveras cela fou mais c'était une manière pour moi de réunir les deux femmes de ma vie. Il y a des années, le jour où mes parents se rendirent au Royaume Uni afin de visiter mon grand père malade, ma mère me remit son collier, celui qu'elle portait tout le temps. Puisque je ne pouvais pas les accompagner, elle me le donna en me disant que c'était une partie d'elle qu'elle me laissait jusqu'à son retour mais hélas, elle ne revint jamais. - Justement, pourquoi me donner à moi une partie de ta mère ? - C'est simple, pour que ma mère soit toujours une partie de toi. - J'ai du mal à comprendre ton raisonnement mais je respecte ta pensée. Dit de nouveau Mial. Elle regarda son collier qui était autour de son coup et le caressa. Mial n'arrivait toujours pas à croire qu'elle avait avec elle une partie de la mère d'Albert. Elle savait bien que ce garçon était amoureux d'elle mais ce n'était qu'après cette révélation qu'elle compris que ce qu'Albert ressentait était bien au delà d'une simple attirance passagère, c'était bien de l'amour. Comme elle ne cessait de le penser depuis des jours déjà, Albert avait une fois de plus agréablement surpris Mial. Elle avait fait plusieurs minutes perdue ainsi dans ses pensées. - À quoi penses tu? lui demanda Albert. - Et bien, j'étais juste entrain de me dire que je suis nulle comme petite amie. - Développe. - Tu me prouves chaque fois que je compte énormément pour toi mais moi... - Tu sais, il arrive des fois que nos actes témoignent de nos sentiments réels mais aussi, il arrive que notre silence le fasse aussi. Dans ces deux cas, on peut tous les deux se reconnaître. Je suis très expressif et toi non mais ça, je le sais et ça ne me pose pas de problème. Tu ne m'offres peut être pas de collier mais tu me regardes comme jamais personne ne l'a fait avant toi, et ça, ça me suffit. Déclara Albert. - Quelle sagesse! S'exclama Mial. - Ça vient de mon oncle et de ma tante, ils m'ont bien éduqué tu sais. - Je m'en rends compte à l'instant et j'espère les rencontrer un jour. - Bien évidemment princesse. - N'es tu pas effrayé par tout ce qui se passe entre nous en ce moment ? Demanda Mial à Albert. - Quoi donc? - Et bien, nous avons décidé de sortir ensemble et pourtant le règlement de l'établissement nous l'interdit. Mais aussi, nous venons de deux mondes différents. - Je suis de ceux qui pensent que la vie ne saurait être intéressante si l'on ne prend pas des risques de temps en temps. - Comme ça, tu aimes le danger, c'est intéressant. Rétorqua Mial. - En encore, tu ne me connais pas assez. Dit Albert. - Ce serait un privilège pour moi d'apprendre à te connaître. - Il en est de même pour moi Mial. - Alors, nous apprendrons à nous connaître avec le temps. Mais je suis curieuse de savoir comment nous réussirons à garder notre relation secrète dans cet endroit. - Nous trouverons bien un moyen. - Je pense qu'il est temps pour nous de rejoindre les autres. Je dois passer du temps avec mes amis aussi. - Je te raccompagne donc. - Tu m'en laisses ravie Albert. J'aimerais que tu me parles de toi sur le chemin. Les jeunes gens se levèrent afin de s'en aller. Comme prévu, Albert parla de lui à Mial alors qu'il la raccompagnait jusqu'à l'entrée principale du dortoir des demoiselles. - Mial, il n'y a pas grand chose à dire sur moi tu sais. J'ai été éduqué par mon oncle et ma tante. J'ai des cousins dont Érina et nous nous entendons plutôt bien. - Ne t'en fais pas, j'aurai certainement le temps d'en apprendre plus. Ils étaient arrivés devant le dortoirs des demoiselles et déjà, il était tant pour les tourtereaux de se séparer.
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