Le lendemain matin, Je me réveilla avant que mon réveil ne sonne. Mes pensées étaient encore embrouillées par les événements de la veille. J'avais même rêvé de Noah, de ses paroles acérées et de son regard perçant. Je me demanda comment la journée se déroulerait, sachant que mon nouveau patron allait être encore plus exigeant.
Je me leva rapidement, en m'efforçant de chasser ces pensées de mon esprit. Après une douche rapide et un café fort, Je me mis en route pour le bureau. La routine matinale m'apporta un certain réconfort, mais une petite voix intérieure ne cessait de me rappeler à l'ordre : "Aujourd'hui, tout peut changer."
C'est vrai, bien que je sois la secrétaire de son frère, rien ne l'oblige à ne pas me virer. Je dois donc me tenir à carreaux si je ne veux pas finir au chômage.
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En arrivant au bureau, je trouva une montagne de dossiers sur son bureau, accompagnée d'une note manuscrite de Noah : *"Priorité pour ce matin. Veuillez les examiner et me faire un rapport complet avant midi."*
Je leva les yeux au ciel. Il n'avait pas perdu de temps pour charger mon emploi du temps. Mais au moins ça signifie qu'il me garde comme secrétaire. C'est déjà ça.
Je pris une grande inspiration et m'installa sur mon fauteuil pour commencer mon travail, espérant que les heures passeraient rapidement.
Le temps semblait se traîner alors que je passais en revue les dossiers, un par un. Chaque document demandait une attention minutieuse, et je ressentais le poids des attentes de ce type sur mes épaules. Je savais que la moindre erreur pourrait me valoir une remarque acerbe ou pire mon job. Cependant, je m'efforçais de rester concentrée, prenant des notes détaillées pour chaque point à aborder dans son rapport.
À 11h45, j'avais pu terminer le rapport, tout en prenant soin de réviser plusieurs fois mon travail pour m'assurer qu'il ne comportait aucune erreur. Je me rendit ensuite dans le bureau de Noah, mon cœur battant un peu plus vite à chaque pas.
En frappant à la porte, J'entendis une voix autoritaire m'inviter à entrer. Je poussa doucement la porte et m'avança, le dossier dans les mains. Il leva les yeux de son ordinateur et me fixa, son regard perçant.
- Voilà le rapport, monsieur, dis-je en posant le dossier sur son bureau.
Il le prit sans un mot, se plongeant immédiatement dans sa lecture. Je resta debout devant lui, luttant contre l'envie de faire demi-tour et de m'enfuir. Chaque seconde qui passait semblait s'étirer, accentuant la tension qui pesait sur moi.
Après ce qui me parut une éternité, Noah leva enfin la tête. Son expression était indéchiffrable, mais ses yeux semblaient m'évaluer avec attention.
- C'est un bon travail, déclara-t-il finalement, mais son ton était neutre, sans la moindre trace de compliment.
- Merci, monsieur, répondis-je, soulagée que mon travail ait été approuvé. Mais je ne pouvait m'empêcher de me demander ce qu'il en pensait vraiment.
- Cependant, ajouta-t-il, sa voix prenant une intonation plus dure, il y a encore des domaines où vous pourriez vous améliorer. Vous avez tendance à vous concentrer trop sur les détails mineurs, au détriment de la vue d'ensemble. Je vous suggère de revoir vos priorités.
Je sentis une vague de frustration monter en moi, mais je me contenta de hocher la tête.
- Je comprends, monsieur. Je ferai attention à l'avenir.
Il me fixa un instant, comme s'il cherchait à déceler mes véritables pensées.
- Dîtes-moi Mlle Hernandez, depuis combien de temps êtes-vous la secrétaire de mon frère.
- Depuis presque 3 ans, monsieur.
Il resta silencieux un moment.
Puis il se pencha en arrière, croisant les bras.
- Bien, j'ai besoin que vous me prépariez un autre rapport pour cet après-midi. Il s'agit d'un projet qui pourrait influencer nos futures décisions stratégiques. Je veux que vous me présentiez une analyse complète, avec des propositions concrètes.
Quoi ? ça ne fait même pas dix minutes que je viens de finir un rapport. Et il m'en demande un autre avec aussi peu de temps. Il me prend pour une machine ou quoi. Je dois lui dire ses 4 vérités...
- Très bien, monsieur. Je vais m'en occuper immédiatement.
Malgré ma grande volonté , je ne tenais pas à être virée de si tôt.
Alors que je quittais le bureau de Noah, je sentis son regard me suivre, comme s'il essayait de me percer à jour.
De retour à mon bureau, Je me plongea dans le travail, me concentrant sur chaque ligne, chaque donnée, m'efforçant de répondre aux attentes toujours plus élevées de ce type.
Les heures passaient, et je m'enfonçais dans les documents, prenant des notes rapides et détaillées. Pour couronner le tout, je devais jongler entre les demandes de Noah et les tâches habituelles qui m'incombaient. Le téléphone sonnait régulièrement, et je devais gérer les appels tout en avançant sur le rapport.
L'heure du déjeuner passa sans que je ne m'en rende compte. Je n'avais pas le temps de manger, trop absorbée par mon travail. La fatigue commençait à peser sur moi, mais je refusais de céder. Je savais que chaque minute comptait, et que ce vieux renard attendrait de voir si je pouvais gérer la pression.
Finalement, en début d'après-midi, je parvint à boucler le rapport. je relus chaque page, cherchant la moindre erreur, avant de l'imprimer et de le relier soigneusement. Mon pauvre petit cœur battait la chamade alors que je retournais dans le bureau du vieux renard, le dossier en main.
J'avais décidé de l'appeler comme ça, maintenant.
Je frappa doucement à la porte, et il m'invita à entrer. Cette fois-ci, je ne put m'empêcher de remarquer une certaine curiosité dans son regard.
- Voilà le rapport, monsieur.
Il parcourut les pages en silence, son expression toujours aussi impénétrable. Finalement, il referma le dossier et leva les yeux vers moi.
- Ce rapport est… acceptable, dit-il d'un ton neutre, comme si c'était la meilleure réponse qu'il pouvait offrir.
Je laissa échapper un léger soupir de soulagement. Acceptable était loin d'être parfait, mais c'était un début.
- Mais, ajouta-t-il, vous devez apprendre à travailler plus rapidement et à faire preuve de plus d'initiative. Je ne tolérerai pas la médiocrité.
Quel culot, s'il veut quelqu'un qui travaille rapidement il n'a qu'à engager un robot.
Je me mordis la lèvre intérieure pour ne pas répliquer. Mais sans le vouloir un '' Tu senex vulpes''(Espèce de vieux renard) sortis de ma bouche.
- Vous dites ? demanda-t-il.
Heureusement que c'était du latin. Il ne risquait pas de comprendre, alors j'ai décidé de tout nier en bloc.
- Rien d'important, monsieur.
- postero tempore aliquem insultare vis , fac ut homo non percipiat linguam (la prochaine fois que vous voudrez insulter quelqu'un, assurez-vous qu'elle ne comprenne pas la langue), dit-il avec un air calme.
Je sentis mes joues rougir instantanément.
Et ça semblait l'amuser vu la manière dont il me regardait. Il resta silencieux un moment.
- Bien, puisque vous avez fini le rapport, vous pouvez retourner à votre travail.
- En... entendu monsieur, encore désolée.
Je retourna à mon bureau, reprenant mes tâches quotidiennes.
Le reste de la journée se déroula sur une note plus calme. Noah ne demanda plus rien d'autre, et Je pus finir mes tâches habituelles .
Avant de rentrer chez moi, je vérifie une dernière fois mon agenda pour le lendemain et répondis aux derniers e-mails urgents. Une fois mon bureau rangé et mes affaires prêtes pour le lendemain, elle éteint mon ordinateur et range ses dossiers dans mon sac. Je prens quelques minutes pour dire au revoir à mes collègues et échanger quelques mots avec Noah qui était toujours au bureau pour je ne sais quel raison.
Étrangement, il m'a permis de m'en aller même s'il n'était pas encore partis lui-même. Mais bon, je n'allais pas m'en plaindre.
En quittant le bureau, je passa par la supérette du coin pour acheter quelques ingrédients pour le dîner avant de prendre un taxi.
Une fois chez moi, elle se change rapidement et met de la musique douce en fond sonore. J'étais en train de préparer le repas quand je reçu un appel de mon père.
- Bonjour papa, comment vas-tu ?
- Bonjour ma chérie, je vais bien merci. Et toi, comment s'est passée ta journée ?
- Elle s'est bien déroulée, un peu chargée comme d'habitude mais ça va.
Et toi, comment se passe ta journée ?
- Tout va bien de mon côté. Je m'occupe du jardin et je profite du beau temps. Tu me manques ma chérie, j'espère te voir bientôt.
- Tu me manques aussi papa. J'espère pouvoir venir te rendre visite bientôt. En attendant, prends soin de toi.
- Merci ma chérie. Prends soin de toi aussi et n'hésite pas à m'appeler si tu as besoin de quoi que ce soit. Je t'aime.
- Je t'aime aussi papa. À bientôt.