VLouis XVI avait, en effet, autorisé l’expédition du baron de Rullecourt, à condition qu’elle réussirait. Les Jersiais lui en veulent beaucoup de cette autorisation donnée à un guet-apens nocturne contre une île endormie ; mais les Jersiais négligent de rappeler que cette île endormie était un nid de pirates qui harcelaient et pillaient les navires de France. Quant aux Anglais, ils se taisent, et pour cause. Le roi d’Angleterre et le roi de France n’en étaient pas à un guet-apens près. Dans ces beaux temps monarchiques, on se retenait médiocrement de saisir, en pleine paix, les navires qui passaient sans défiance. En un seul mois de 1755, sans déclaration de guerre, contre tout droit des gens, l’Angleterre avait pris trois cents bâtiments français ayant à bord douze mille marins. La France


