TOME I : MEGAN La confusion et la rage des premiers jours ont laissé place à une lucidité glaciale. Mon nouveau foyer était l'Unité Pénitentiaire de Sécurité Spéciale. L'enfer gris. Des murs de béton froids, une lumière blafarde au plafond et le son constant des portes métalliques qui claquent, rappelant que ma liberté était morte. Ma cellule était spartiate : un lit de camp, des couvertures rugueuses et des toilettes en acier. Il n'y avait rien pour me distraire, rien pour masquer la douleur lancinante de la perte. Les premiers jours n'étaient qu'une succession de cauchemars éveillés. Je voyais le visage de George, froid et victorieux. Je voyais le regard paniqué d'Anna-Bella emmenée par Dominique. Et surtout, je visualisais Élise, recevant le cœur de ma fille. La nourriture avait un


