Chapitre 17 À en juger par le comportement de Névros, j’étais désormais complètement déprimé. Rien qu’à me voir, il avait perdu le sommeil, l’appétit et une partie de son plumage, ressemblant à un poulet de batterie traumatisé par son environnement. Il était devenu muet et, même si de temps à autre son regard semblait vouloir exprimer quelque chose, je n’y trouvais que l’angoisse dont j’étais moi-même accablé. Comme je ne pouvais le médicaliser, le fossé entre ma survie artificielle et son existence naturelle ne cessait de s’accroître. Grâce à Dieu, et surtout à un transfert miraculeux, mon patient-caissier-de-banque-obsessionnel m’avait fait cadeau, avec la complicité de madame Botte, d’une caisse de Château La Tour du Pin Figeac 1990, un vin délicieux qui, agrémenté de gouttes de Clona


