Une condition de mon œuvre telle que je l’avais conçue tout à l’heure dans la bibliothèque était l’approfondissement d’impressions qu’il fallait d’abord recréer par la mémoire. Or celle-ci était usée. Puis, du moment que rien n’était commencé, je pouvais être inquiet, même si je croyais avoir encore devant moi, à cause de mon âge, quelques années, car mon heure pouvait sonner dans quelques minutes. Il fallait partir en effet de ceci que j’avais un corps, c’est-à-dire que j’étais perpétuellement menacé d’un double danger extérieur, intérieur. Encore ne parlé-je ainsi que pour la commodité du langage. Car le danger intérieur, comme celui d’une hémorragie cérébrale est extérieur aussi, étant du corps. Et avoir un corps c’est la grande menace pour l’esprit. La vie humaine et pensante, dont il


