Chapitre 5 : La punition
La devineresse m'explique alors que je tiens la fiole de poussière dans ma main. Je sais que je devrais la lâcher mais elle est comme accrochée à moi. Je ne sais pas trop comment vous l'expliquer.
- Si un jour vous vous décidez, il faudra lancer la poussière en l'air. Ça formera une boule d’énergie qui saura vous guider. Vous trouverez un homme et n'oubliez-pas que l'arbre autour de son cou confirmera que c'est lui.
- D'accord !
- Mais attention ! Soyez vigilante, dans huit ans, il sera trop tard, car cet homme rencontrera une autre femme avec qui il aura un enfant. C'est le second destin qui s'ouvre à lui si vous ne vous manifestez pas !
- Si cet homme rencontrera quelqu'un d'autre, je ne suis pas indispensable à sa vie.
- Sauf que cet homme sera avec cette femme par défaut, il ne rencontrera jamais le grand amour si vous ne faites pas en sorte que ça arrive et vous non plus d'ailleurs.
La devineresse prend ma main.
- Donna ! Si vous ne vous sortez pas de cet univers, vous allez y laisser votre vie d'une manière ou d'une autre. Votre âme va se durcir et devenir aussi sombre que les ténèbres !
- Vous pensez que le roi va me tuer !
- Pas le roi ma chère Donna mais vous.
- Quoi ! Mais non ! (terrifiée)
- Vous savez, un jour, votre esprit ne supportera plus ce que vous endurez et il ne vous guidera plus vers l'amour, mais vers la haine et la solitude. À ce moment-là, il sera trop tard pour vous. Si vous ne suivez pas la direction du bonheur et de l'amour, votre cœur va se noircir et soit vous mettrez fin à vos jours ou soit vous vous détruirez et deviendrez une personne incapable d'aimer et prête à tout pour se venger. Si vous ne laissez pas l'amour entrer dans votre vie, je vois un avenir très noir pour vous Donna ! Croyez-moi, je ne me trompe jamais !
Je regarde la devineresse stupéfaite et terrifiée.
- Vous racontez n'importe quoi ! Vous êtes complètement folle ma parole ! D'ailleurs, vous ne manquez pas de culot d'accoster la reine pour lui dire de telles choses !
- Je l'ai fait car être reine ne vous à jamais intéressée Donna ! Vous avez une belle âme et je ne veux pas que vous la perdiez !
A ce moment-là, je préfère fuir que d'écouter les prédictions de cette vieille folle.
Quelques mois passent et le roi est prêt à partir le lendemain pour une rencontre entre noble où les conjointes ne sont pas invités. Je n'ose même pas imaginer ce qu'ils font durant ses rencontres.
Le roi vient me voir dans ma chambre la veille de son départ pour le royaume d'Albidatre à quelques kilomètres du nôtre.
- Bonsoir ma reine ! J'aurais aimé vous parler.
- Je vous écoute.
- J'aimerais avoir un autre héritier, un garçon de préférence.
- Mais vous avez déjà une fille.
- Oui, mais si j'ai un garçon, c'est lui qui accèdera au trône.
- Je ne suis pas prête pour avoir un enfant, je suis encore trop jeune !
- Vous avez dix-neuf ans, je vous ai laissé trois ans ! Vous êtes parfaitement apte à avoir un enfant. Ma défunte épouse savait calculer le moment propice pour avoir un enfant. Je vous ordonne à présent de m'indiquer quand sera la bonne période. J'aimerais que vous soyez enceinte avant la fin de l'année.
- Très bien !
Il est hors de question que j'ai un enfant avec cet individu malsain. Je vais tout faire pour lui donner de fausses informations.
Le roi s'approche de moi et commence à m'embrasser vulgairement.
- Je vais partir quelques jours ma reine, accordez-moi un moment de plaisir.
- Je suis fatiguée !
- Vous recommencer ! Dois-je vous ligoter comme la dernière fois ?
- Non ! (baissant la tête)
Le roi m'ordonne de me dévêtir, ce que je fais à contrecœur. Il m'entraîne sur le lit et commence à me pénétrer violemment. Il m'agrippe les poignets très fort et de ses va-et-vient me donne de v*****t coup de rein. Je n'arrive rien à ressentir, hors mi la douleur de ses actes. En trois années, je n'ai jamais même ressenti un tout petit peu de plaisir. Juste de la douleur et du dégoût.
- Vous n'êtes qu'une sale gamine sans expérience. À cause de vous je suis obligé d'aller voir des professionnelles pour me satisfaire ! Vous êtes une honte ! (me dit-il)
J'avoue que je retiens mes larmes en plus de me faire atrocement mal dans ses gestes, il m'humilie. Je sais qu'il n'est pas satisfait et que lorsqu'il aura fini, je vais subir.
Une fois qu'il a terminé, il se retire et me regarde. Il se rhabille devant moi et me prend par le bras. Il me serre fort le bras et me met une gifle. Il me regarde avec des yeux très menaçants et hausse la voix.
- Comment osez-vous me manquer de respect ainsi ! (me dit-il)
- Mais je ne vous ai pas manqué de respect !
- En restant passive, vous me manquer de respect !
Il me lève et me met face au mur. Il prend sa ceinture et me donne cinq violents coups. Mes hurlements de douleur raisonnent dans ma chambre. Il m'assoit sur la chaise totalement nue et me ligote les bras et les jambes.
- Je viendrai vous libérer demain matin. Ainsi, vous avez toutes la nuit pour réfléchir à votre manière d'agir avec moi quand je vous demande de m'offrir votre corps.
Les premières fois où il m'a fait ça, j'ai cherché à répliquer, mais là je n'en ferai rien. Je préfère passer la nuit nue et attachée sur cette fichue chaise plutôt que de subir d'autres violences sexuelles. Je me rappelle encore cette fois, il y a un an où il m'avait attaché ainsi et qu'il m'a éjaculé au visage. J'étais resté ainsi toute la nuit avec la texture et l'odeur immonde de sa semence sur le visage.
Il s'en va et je me mets à pleurer. Je commence à respirer fort folle de rage et d'un coup le miroir face à moi se brise. Une larme tombe sur un des liens qui serre mes poignets et se brise à son tour. Je suis en train de me rendre compte que ma magie se développe malgré-moi. Je vois face à moi le tiroir s'illuminer. Je défais les autres liens qui attachent mes chevilles et mes mains, j'enfile un peignoir et m'approche du tiroir. La fiole contenant la poussière s'est illuminée en rouge. Je la regarde et repense à ce que m'a dit la devineresse. Et si elle avait raison ?
Je range la fiole au fond du tiroir et m'approche du miroir brisé. Je passe mes mains sur les débris et les morceaux se soulèvent et le miroir se répare. Je ne pensais pas être capable de faire ça ! Il va falloir que je trouve un moyen de me rattacher avant que le roi se rendent compte que j'ai réussi à me tirer de là. Je m'endors espérant me réveiller assez tôt pour me rattacher. En général, le cri du coq me réveille.
Le lendemain matin, j'entends le coq. Je rattache mes chevilles aux pieds de la chaise, pour mes bras, ça sera plus compliqué. J'essaie de penser très fort qu'il faut que je sois attachée et les liens se referment. C'est incroyable comme la magie peut être utile !
Le roi arrive un moment plus tard.
- Avez-vous compris la leçon ?
- Oui votre majesté !
- Ce n'est pourtant pas la première fois que je vous punis et vous ne fournissez aucun effort !
- Pourquoi m'avez-vous choisi si c'est pour me traiter ainsi !
- Pour mon image, il est important d'avoir une femme belle et jeune. Je pensais que ça serait agréable d'avoir des rapports intimes avec vous, mais vous êtes loin d'être un cadeau en réalité !
- Alors pourquoi vous ne vous séparez pas de moi pour prendre une autre femme ?
- Parce que ça ne se fait pas ! On ne se sépare pas de son épouse dans ce royaume. Vous devrez me supporter et me servir jusqu'à ma mort.
Je le regarde et ne répond pas, mais je pense à cet instant même que ça sera peut-être plutôt jusqu'à ma propre mort. Je me rends compte à ce moment-là que la devineresse avait raison. Si je ne me libère pas du roi, je finirai par en mourir.
- Je pars trois jours pour la rencontre avec les rois des royaumes voisins. Je vous défends de quitter le palais comme d'habitude. Vous ne sortez pas sans ma permission. Je vous défends de parler à qui que ce soit et mes gardes veillerons à ce que vous ne quittiez pas nos murs.
- Oui, je resterais ici.
- Très bien ! Et à mon retour, nous ferons cet héritier ! Durant mon absence, je veux que Beverly ne manque de rien. Elle est ma priorité et je veux que vous cédiez à toutes ses demandes quoi qu'il vous en coûte.
- Très bien !
- Si je rentre et que Beverly me dit que vous lui avez refusé quoi que ce soit, vous aurez le même châtiment que la dernière fois, au pain et à l'eau durant trois jours.
- J'ai compris !
Le roi s'en va et je passe la journée avec la petite Beverly qui a déjà neuf ans. À cet âge-là, cet enfant pourri gâté se comporte déjà comme une petite peste écervelée.
- Donna ! Je voudrais que tu me coiffes.
- Oui, bien sûr !
Je coiffe la petite et je me surprends à avoir une terrible envie de l'étrangler. Je ne comprends pas comment j'en arrive à avoir ce genre de pensées. Depuis quelque temps, cette jeune fille se croit supérieure, car elle sait qu'elle est la prochaine reine. Sauf qu'elle ne sait pas que son cher père veut qu'un garçon soit l'héritier du trône.
Durant la journée, je suis contrainte de jouer et de me balader avec la jeune fille. Je lui donne son repas et vais la border dans son lit. Je regagne ma chambre et revois à nouveau le tiroir dans lequel se trouve la fiole. Je sors la fiole qui s'agite à nouveau quand je la tiens dans ma main. Je ressens une chaleur m'envahir comme si mon esprit m'ordonnait de l'utiliser.
J'avoue que depuis quelque temps, j'ai repéré comment fonctionnent les gardes du roi. C'est à vingt-heures quand ils ont le dos tourné que je quitte ma chambre et prend l'escalier pour rejoindre le sous-sol. Je fuis le palais et une fois que je suis assez loin, je jette la poussière en l'air comme la devineresse me l'a indiqué. Je prends mon cheval et passe à travers la forêt pour suivre cette boule légèrement rosé mais scintillante. Elle me mène directement devant un bar.
A suivre