Comment je suis devenue terroriste Michel Torrekens Longtemps, je me suis couchée de bonne heure. Ma vie était réglée comme du papier à musique. Je redoutais le moindre dérèglement à mes habitudes. Une minute de retard et surgissait en moi une tension qu’avec le temps il m’était devenu de plus en plus difficile de contrôler. J’étais obsédée par mes horaires. Chaque retard se marquait par une accélération cardiaque, une lourdeur dans les doigts, un transit intestinal chamboulé, des moiteurs généralisées. Mon corps devenait le réceptacle de mes vicissitudes. Ce matin plus que jamais, quand il s’est agi de préparer mon matériel, j’ai cru que j’allais exploser de l’intérieur. Le mot m’a fait sourire. Pour moi, la journée avait commencé sous les meilleurs auspices : le soleil était de la part


