IILe soleil déclinant de cette fin d’après-midi de juin faisait étinceler la mer, l’or des genêts flambait sur les landes. Ahès de Porspoët, vêtue d’une robe d’un bleu-vert qu’elle jugeait en harmonie avec la couleur de ses yeux, sa fine taille serrée dans une large ceinture, se promenait, selon sa vieille habitude. Tout était calme, même le flot paresseux. On aurait pu oublier que la guerre faisait rage en Vendée, partagée, pour les Blancs, entre les revers et les succès. En Cornouaille, certes, la paix était bien loin de régner, mais les combats n’étaient guère que des coups de main, destinés à harceler les Bleus, à leur dérober leurs armes, à lutter contre les réquisitions ou à protester contre la disette. On ne pouvait dire, cependant, qu’il fût très prudent de parcourir la campagne


